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LES METIERS DE LA BANQUE ET DE LA FINANCE A L’ERE DE L’ECONOMIE NUMERIQUE (Première partie) juillet 7 2016

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L’internet et son cortège de nouvelles technologies révolutionnent notre manière de vivre, de communiquer, de travailler, et de créer de la richesse. Pratiquement tous les aspects de notre vie quotidienne, de nos échanges, de nos transactions commerciales et financières subissent, ou vont bientôt subir, une transformation radicale. Il s’agit de la révolution numérique.

Cette révolution induit le recours aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Nouvelle économie, nouvelles technologies, économie électronique, économie digitale, sont de dénominations utilisées pour décrire l’économie numérique.

Même si la littérature est variée et riche il n’existe cependant pas de définition exacte de l’économie numérique.

Le numérique regroupe les Technologies de l’Information et de la Communication ainsi que l’ensemble des techniques utilisées dans le traitement et la transmission des informations telles que par exemple les télécommunications, internet ou l’informatique

Le terme économie numérique renvoie d’une manière réductrice au commerce électronique laissant de côté (et ceci à tort) d’autres composantes telles que les services, les infrastructures et la technologie sous-jacente. Plus précisément, le terme devrait renvoyer aux télécommunications, audiovisuel, logiciel, réseaux informatiques, services informatiques, services et contenus en ligne.

De par son caractère transversal, elle influence tous les autres secteurs économiques, notamment le secteur des services en occurrence des services financiers.

L’utilisation d’internet dans ce contexte par exemple, a permis le rassemblement de personnes et de moyens en dématérialisant la distance physique pour créer, développer et partager des idées donnant lieu à de nouveaux concepts permettant ou facilitant les transactions bancaires et financières par conséquence, l’avènement d’une nouvelle génération d’entrepreneurs financiers et d’agents économiques dans ce secteur.

Le secteur de la banque et de la finance qui regorge de plusieurs catégories métiers d’agents parmi lesquels on distingue les agents « commerciaux », les agents « financiers », les agents « techniques », les agents « supports » … s’est vu profondément innervé par ce processus irréversible de numérisation.

Au regard de cette révolution numérique qui affecte progressivement le secteur de la finance et les activités bancaires, il était plus que pertinent de s’interroger sur l’impact ou plutôt la contribution de l’économie numérique aux métiers de la banque et de la finance. Autrement dit, de quelle manière l’informatisation et la numérisation des services bancaires et financiers modifie l’exercice de ces métiers hautement sensibles et en l’occurrence régis par la confidentialité et le secret bancaire ?

Dans un souci de chronologie, il conviendrait de présenter le secteur le concept d’économie numérique (Première partie), l’impact de cette révolution numérique sur l’exercice des métiers inhérents au secteur financier et enfin de formuler des recommandations dans l’optique d’une numérisation optimale des activités financières et des métiers y relatifs (Deuxième partie).

I – LE CONCEPT D’ECONOMIE  NUMERIQUE

 

A-    Définition et circonscription

 

 

1-      Définition

 

Souvent le terme économie numérique renvoie d’une manière réductrice au commerce électronique laissant de côté d’autres composantes telles que les services, les infrastructures et la technologie sous-jacente. Plus précisément, le terme devrait renvoyer aux télécommunications, audiovisuel, logiciel, réseaux informatiques, services informatiques, services et contenu en ligne.

Selon GfK (Société allemande pour la recherche sur la consommation), le marché numérique regroupe les technologies informatiques (ordinateurs, téléphones, lecteurs, GPS…) et les services de communication (réseaux sociaux, ventes en ligne…).

Le numérique regroupe les Technologies de l’Information et de la Communication ainsi que l’ensemble des techniques utilisées dans le traitement et la transmission des informations telles que par exemple les télécommunications, internet ou l’informatique.

Le secteur du numérique désigne le secteur d’activité économique relatif aux Technologies de l’Information et de la Communication et à la production et à la vente de produits et services numériques.

L’économie numérique au sens scientifique du terme est l’étude des biens immatériels qui sont par définition des biens non rivaux à coût marginal nul. Cette définition induit de nouvelles relations, de nouveaux modèles d’échange/partage, uniquement possible par Internet, un nouveau concept de propriété privée.

Il s’agit d’un sous-domaine complet de l’économie, à ne pas confondre avec le secteur du numérique qui relève de l’économie classique, ni avec la numérisation de l’économie, processus inéluctable portant sur tous les biens matériels et sur tous les services.

Comme ces biens immatériels sont des créations de l’esprit de nature artistique ou intellectuelle, l’économie numérique apporte de nouveaux modèles et de nouvelles possibilités pour l’économie de la connaissance pour et l’économie de la culture.

2-      Circonscription de l’économie numérique

 

La circonscription de l’économie numérique  se fait essentiellement à partir de ses indicateurs structurels.

Il s’agit ici de l’ensemble des paramètres dont les tendances permettent de quantifier et de mesurer l’importance des infrastructures y relatives. Ce sont donc principalement les marches et les équipements de télécommunications :

-          Les marchés (e-commerce ; marche de la communication et marches des produits numériques) ;

-          Les équipements de télécommunications (téléphonie fixe et ses évolutions (EX : VoIP), internet fixe, téléphonie mobile, déploiement de la Télévision numérique).

Principaux acteurs (production/consommation) : entreprises, particuliers, Administration

B-    Impact global de l’économie numérique

 

 

1-      Impacts théoriques de l’économie numérique sur la croissance

 

Théoriquement, une étude de Coe-Rexecode(estime double la contribution de l’économie numérique à la croissance économique en générale). En effet, il existe la contribution directe par l’augmentation du capital numérique en tant que facteur de production. Et la contribution indirecte engendrée par le fait que cette augmentation de capital numérique a un effet positif sur les gains de productivité globale de l’économie.

En termes de contribution directe, l’économie numérique a un effet macroéconomique lié à l’augmentation de l’investissement productif des entreprises, investissement dans les biens corporels : équipements et matériels numériques ; ou incorporels : logiciels,  utilisés dans le processus de production.

Il y a donc un effet volume sur la croissance car une augmentation du capital productif entraîne un accroissement de la formation brute de capital fixe agrégée (FBCF) (et par conséquent du PIB, c’est un effet volume direct).

Un autre effet est lié à l’augmentation de la productivité des salariés. Une bonne formation des salariés à l’utilisation du numérique en entreprise augmente leur productivité, notamment grâce à la possible d’automatisation des tâches, qui conduisent à un gain de temps, à une amélioration de processus, à une augmentation des échanges et à une optimisation de l’organisation. Cette réorganisation entraine l’amélioration de la productivité du travail, un déterminant majeur de la croissance économique.

Concernant la contribution indirecte, c’est la forte utilisation des technologies numériques qui entraîne une amélioration de la productivité globale de facteurs (PGF). Cette notion de PGF est difficilement quantifiable car elle ne peut pas être mesurée par l’accroissement de l’usage des facteurs de production comme le capital et le travail. La PGF reflète l’impact du progrès technique sur la croissance.

L’amélioration de la PGF est en partie attribuée aux secteurs producteurs de matériels numériques mais aussi aux secteurs utilisateurs d’innovations numériques. En effet, les forts gains de productivité (effet volume direct) des secteurs producteurs ont conduit à une baisse de prix de production et de ventes de biens et services numériques, ce qui a un effet sur la dynamique des prix et donc sur l’inflation. Plus les prix sont faibles et plus les secteurs utilisateurs vont être incités à investir dans des produits numériques dans le but d’accroitre leur productivité. La productivité globale des facteurs dépend également de la large diffusion des innovations numériques dans l’ensemble de l’économie.

En effet l’innovation numérique  a des externalités de « réseau », plus les innovations numériques sont largement diffusées et adoptées, plus les bénéfices seront importants (effet d’apprentissage, économies d’échelle). Ainsi leur diffusion permet à l’ensemble d’autres secteurs économiques de gagner en innovation et productivité également.

2-      L’économie numérique et son impact sur l’économie africaine

 

Dans la note de l’IFRI publiée en 2010 sur l’Afrique Subsaharienne, les recettes des télécoms représentent près de 5% du PIB des pays africains. De plus, dans les pays comme la Zambie, l’Ethiopie ou la Namibie, les ménages dépensent près de 10% de leur revenu mensuel en téléphonie contre 3% (INSEE) dans les pays développés.

Le rapport du GSMA sur l’économie mobile en 2013 évaluait en 2012 la contribution de l’écosystème Mobile au PIB en Afrique Subsaharienne à 60milliards de dollars américains et prévoit d’ici 2020 une augmentation de 8% soit 119 milliards de dollars américains en 2020.

Bien que l’Afrique enregistre le taux le moins élevé de la contribution d’internet à l’iGDP, certains pays africains rivalisent avec les plus grandes économies de ce monde. Il s’agit du Sénégal (3.3%), du Kenya (2.9%) et du Maroc (2.3%).

Il faut noter que certains pays africains qui enregistrent des taux de pénétration d’internet élevés n’obtiennent pas les meilleurs scores pour la contribution d’internet à l’iGDP (par exemple l’Afrique du Sud).

L’impact de l’économie numérique aujourd’hui est la résultante de plusieurs facteurs dans le domaine des télécoms et de l’internet.

En Afrique, plus de la moitié des connexions internet passent par le mobile, ce qui fait du secteur des télécoms un acteur incontournable dans la connexion du continent au reste du monde. Ensuite, il faut noter que l’utilisation du mobile est indéniable dans les flux financiers de nos jours, que ce soit pour le paiement en ligne que pour les transferts financiers.

L’exemple notable du moyen de paiement Mpesa au Kenya rencontre un succès fulgurant avec plus de 300 millions de dollars par mois qui font l’objet de transferts entre particuliers (soit 10% du PIB kenyan en valeur annuelle) et un chiffre d’affaires mensuel de 7 millions de dollars soit 8% du chiffre d’affaires global de Safaricom (la société fondatrice du Mpesa).

Preuve du succès de ce système, M-Pesa compte aujourd’hui plus de 14 millions d’utilisateurs et 7 milliards de dollars ont transité par ce service en 2010. A présent, au Kenya, grâce au Mpesa 75% des adultes ont accès au système financier contre à peine 20% en 2006.

Les réseaux télécoms sont également des grands contributeurs fiscaux des Etats. Actuellement, les impôts des télécoms représentent une source de revenus considérable pour les gouvernements africains. Le marché de la téléphonie mobile produit ainsi 7% des recettes fiscales totales de l’Afrique subsaharienne. Le secteur y a généré près de 71 milliards de dollars en recettes fiscales entre 2000 et 2012 selon le rapport sur les télécoms de Bearing point.

Selon GSMA, «la croissance du secteur de la téléphonie mobile a eu un impact économique direct de 32 milliards USD, incluant un paiement de 12 milliards USD de taxes et a généré environ 4,4 % du PIB de la région (en incluant les effets de la technologie mobile sur la productivité du travail) créant plus de 3,5 millions d’emplois équivalents temps plein (ETP)».

La deuxième partie de cet exposé portant sur « les mutations des métiers de la banque et de la finance dans un contexte numérique »fera l’objet d’une publication ultérieure.


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