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LES MÉTIERS DE LA BANQUE ET DE LA FINANCE A L’ ÈRE DE L’ECONOMIE NUMÉRIQUE (Deuxième partie) juin 27 2016

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II – Les mutations des métiers de la banque et de la finance dans un contexte numérique

Tout d’abord nous effectuerons une classification des différents métiers relevant du secteur de la banque et de la finance avant d’évaluer les mutations induites par la révolution numérique dans l’exercice de ces différents métiers.

 

A-     Les différents métiers de la banque et de la finance

 

Les différents métiers de la banque et de la finance peuvent être répartis par « familles». Car majoritairement admise par la profession bancaire, notamment par l’Observatoire des métiers de la banque (France).

On distingue ainsi trois familles de métiers bancaires :

- la force de vente (les agents commerciaux);

- les métiers de traitement des opérations (les agents financiers et techniques);

- les métiers ou fonctions supports (les agents supports).

 

1-      Force de vente (agents commerciaux)

On distingue  dans cette catégorie un certain type de métiers en fonction de la typologie d’activités bancaires :

Banque de réseau (banque de détail)

-          Chargé d’accueil et de services à la clientèle

-          Chargé de clientèle particulier

-          Chargé de clientèle professionnel

-          Responsable / animateur d’unité commerciale (Directeur d’agence dans le cadre de la banque de    détail)…etc.

Banque de financement et d’investissement

-          Chargé de clientèle entreprise

-          Opérateur de marché

-          Concepteur et conseiller en opérations et produits financiers…etc

Gestion d’actifs

-          Conseiller en patrimoine…etc

 

2-      Métiers de traitement d’opérations

Parmi ces agents on distingue :

Les agents financiers

•           Gestionnaire de back office (gestionnaires de patrimoines, gestionnaires d’actifs etc.)

•           Spécialiste des opérations bancaires (analystes financiers, traders ou opérateurs de marché, conseillers en fusions et acquisitions, opérateurs en privateequity (capital risque) etc.)

•           Responsable (Directeurs financiers, directeurs d’investissement, responsables de financement de projets…etc.) / Les agents techniques

•           Informaticien / chargé de qualité

•           Responsable informatique (chef de projets informatiques : création de nouvelles applications)  / organisation / qualité…etc.

 

3-      Fonctions Support (agents supports)

On distingue ici :

•           Analyste des risques

•           Contrôleur périodique / permanent

•           Gestionnaire administratif / Secrétaire

•           Juriste, fiscaliste

•           Contrôleur de gestion

•           Responsable / animateur d’unité ou expert logistique

•           Technicien logistique / Immobilier

•           Technicien comptabilité / finances

•           Spécialiste / responsable comptabilité / finances

•           Technicien ressources humaines

•           Spécialiste/responsable ressources humaines

•           Gestionnaire marketing / communication

•           Spécialiste / responsable marketing / communication

 

B-     Impact de la révolution numérique sur l’exercice des métiers de la banque et de la finance

 

Cet impact peut s’illustrer à travers l’avènement de  moyens de paiement innovants associé à l’arrivée de nouveaux protagonistes sur le marché bancaire, et la dématérialisation des métiers de la banque et de la finance.

 

1-      l’avènement de  moyens de paiement innovants et l’arrivée de nouveaux protagonistes sur le marché bancaire

 

a-      l’avènement de  moyens de paiement innovants

 

Grâce aux avancées technologiques, de nouveaux moyens de paiement ont vu le jour. Il s’agit essentiellement :

Des cartes bancaires électroniques (e-payment), de Paypal, des cartes à puce sans contact NFC et du paiement mobile (m-payment ).

-          Les cartes bancaires électroniques (e-payment)

Alors qu’il est de plus en plus fréquent aujourd’hui d’effectuer des achats en ligne, il devient primordial que les paiements soient suffisamment sécurisés afin d’acquérir la confiance des consommateurs. Ce moyen de paiement sécurisé en ligne est la carte bancaire.

 Encore faut-il prendre des précautions. En effet, il faut s’assurer de l’identité du e-commerçant(plus précisément de l’acheteur). Il suffit alors de donner son nom, le numéro de la carte bancaire, la date de validité de la carte bancaire ainsi que les 3 chiffres du pictogramme au dos de la carte bancaire…

En 2001, un nouveau moyen de paiement apparaît. Il s’agit de l’e-carte bleue. Grâce à ce dispositif, le consommateur qui aura téléchargé le logiciel de sa banque pourra effectuer une seule opération bancaire en ligne via un identifiant à usage unique et de courte durée.

Au Cameroun, il s’agit d’un des moyens de paiement les plus vulgarisés.

-          PayPal

Il s’agit d’ un nouveau moyen de paiement en ligne mis en place par Paypal, une filiale d’eBay. Il permet aux internautes de  créer un compte Paypal ce qui leur permet ensuite d’effectuer des achats en ligne sans divulguer leur numéro de carte bancaire pour chaque opération.

Cependant, Paypal envisage d’évoluer du statut de moyen de paiement à celui de banque à part entière car bénéficiant du statut d’établissement de crédit depuis 2007 dont la banque européenne est basée au Luxembourg . En effet, Les services bancaires représentent une activité particulièrement convoitée par Paypal notamment, qui prévoit de se lancer dans le crédit à la consommation aux particuliers. Paypal vise également le financement des entreprises.

-          Des cartes à puce sans contact NFC

Ce sont des cartes à puce sans contact « NFC » (Near Field Communication ou communication en champ proche) et / ou dans les mobiles des utilisateurs, et fonctionne comme un portefeuille électronique.

Cette carte, initialement créée pour faciliter le paiement dans les transports en commun, est aujourd’hui utilisée, au-delà du paiement des transports publics de la ville, pour effectuer des achats dans un grand nombre de magasins de la ville, de supermarchés, de restaurants, et de cinémas, et permet de cumuler des points de fidélité.

Exemple : PCCW-HKT, le plus grand opérateur mobile à Hong Kong, déploie depuis 1997 la carte Octopus comme «mobile wallet» de nouvelle génération. Aujourd’hui, plus de 23 millions de cartes Octopus sont en circulation, permettant à 95% de la population de la ville de bénéficier de services de micropaiement. 

Il n’en existe pratiquement pas encore au Cameroun à l’heure actuelle.

-          Le paiement mobile (m-payment )

Avec plus de 9 milliards d’abonnés mobiles dans le monde, et le développement exponentiel de l’usage des smartphones dans le monde (plus de (près de 500 millions de smartphones ont été vendus à travers le monde au 4ème trimestre 2015, soit une hausse de près de 46% en trois mois.

Au Cameroun par exemple, malgré l’insuffisance de données sur l’économie numérique, on estime aujourd’hui à un peu plus de trois millions le nombre de camerounais ayant un compte Mobile Money.

Les dernières statistiques estiment à près de 4 millions le nombre de camerounais qui paient et transfèrent de l’argent via l’application Mobile Money. Pour la seule année 2015, Eneo a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 8,2 milliards de Fcfa en transactions mobiles.

D’après les chiffres les plus récents, le chiffre d’affaires de ce service de paiement électronique est passé de 4,2 milliards de francs Cfa (675 000 transactions) en 2013  à 8,2 milliards de FCfa (700 000 transactions) en 2014.

En  2015, l’entreprise s’était fixé pour objectif de parvenir à 20% des paiements des factures de consommation d’électricité par le service Mobile Money.

A côté d’Eneo, d’autres entreprises, surtout bancaires, montrent un appétit certain dans ce service.

Pour la seule année 2015, Afriland First Bank, la  Société générale Cameroun, la Bicec, Ecobank pour ne citer que celles-là, ont développé des applications permettant ou facilitant des transactions financières via les téléphones portables.

 En 2014, au cours d’une cérémonie organisée pour le lancement de  sa nouvelle offre de Mobile Banking panafricaine dénommée «Cash Management», Georges Wega, Directeur général adjoint de la Société générale Cameroun, apprenait qu’«Aujourd’hui, près de 50% de virements de nos clients entreprises sont électroniques et coûtent dix fois moins cher que les virements papiers».

 

b-      De nouveaux protagonistes sur le marché bancaire

 

De nouveaux modèles de banques et de ont vu le jour, par conséquent on distingue désormais trois principaux modèles bancaires :

-          Le modèle « Brick and mortar »

Il désigne les sociétés qui commercialisent leurs services exclusivement à travers des structures de distribution physiques (au travers d’un réseau d’agences dans le secteur bancaire) et ne sont donc généralement présentes sur le web que grâce à un site internet  ou un portail d’information à titre de publicité (pour se faire connaitre et faire connaitre ses produits et services). C’est actuellement le modèle prédominant au Cameroun.

 

-          Le modèle « Clicks and mortar »

Il regroupe quant à lui  les établissements bancaires qui combinent d’une part la commercialisation de leurs services via des structures de distribution physiques (les agences, voir supra) et d’autre part via le canal web. C’est un modèle qui tend à s’implanter en Afrique et au Cameroun par mutation progressive de certaines « Bricks and mortars  » (Consultation de compte bancaire en ligne, Relevé bancaire et solde de compte, virement etc.)

 

-          Le modèle « Pure player »

On retrouve ici les sociétés qui réalisent l’intégralité de la commercialisation de leurs services par l’intermédiaire d’Internet, et donc sans structure de distribution, ni d’unité de production et presque sans installations tangibles. Si cette dernière définition est appliquée au secteur bancaire, une « vrai banque Internet » (banque purement digitale) peut se définir comme une banque fournissant ses services (soldes des comptes, capacités de transaction, etc.) à ses clients à travers le World Wide Web.

Outre manche, pour occuper ce « nouveau terrain » et concurrencer les banques en ligne (pure players), des assureurs ou encore des groupes de la grande distribution, les grandes banques de réseau ont développé leurs propres agences en ligne.

Au-delà des services bancaires  traditionnels mis à la disposition des clients par les banques de détail (virement, consultation de soldes, etc.), bon nombre d’entre elles ont développé des filiales (souvent des nouveaux entrants indépendants) uniquement en ligne.

Ces nouveaux acteurs ont le choix entre deux stratégies diamétralement opposées, et se positionnent soit comme un canal de communication complémentaire au réseau déjà existant de la banque en question, soit comme une e-banque à part entière, concurrente de la banque de détail dont elle est filiale.

• Dans le premier cas :

La banque propose une offre similaire à celle disponible en agence mais sur un mode relationnel privilégiant les canaux à distance, avec notamment le rattachement à un conseiller particulier accessible via une multitude de canaux (mails, téléphone, visio-conférence, sms, etc.).

L’agence demeure souvent un point de contact possible pour le client, et ces agences en ligne disposent de noms de marques spécifiques (e-LCL, La Net Agence, etc.) et sont très clairement rattachées à leur « banque-mère ». Sur le plan tarifaire, la différenciation reste limitée, et très éloignée de l’apparente « gratuité » proposée par les pure-players.

• Dans le second cas :

La banque en ligne peut suivre une logique de spécialisation sur un type de produit particulier. Elle est ainsi conçue comme une banque, virtuelle, mais à part entière et indépendante. La banque propose l’intégralité de la gamme de produits bancaires classique, la relation client est assurée par un conseiller à identité virtuelle ou réelle, et se fait par téléphone ou visio-conférence, en lieu et place du rendez-vous en agence, les documents sont échangés, en fonction de leur valeur juridique, soit par mails, soit par courrier.

Dématérialisation de l’exercice des métiers de la banque et de la finance

L’adage « Faster/better/cheaper » est devenu le mantra des e-bankers. En effet, la dématérialisation permet :

-           un gain de temps considérable (Faster)

 Les clients réalisent désormais plusieurs de leurs opérations par voie électronique ce qui conduit à un gain de temps pour les employés de la banque car le nombre d’opérations à traiter manuellement diminue considérablement. L’utilisation de ces technologies a transformé considérablement le métier des employés et l’a recentré sur des services à plus forte valeur ajoutée.

Il s’agit en l’occurrence  du consulting, du crédit, de financement à CT et MT, et/ou d’investissement (LT) etc.

-           De nouvelles possibilités (Better)

A l’origine, les sites web des banques étaient réduits à de simples vitrines destinées à présenter l’entreprise.  Il  n’était qu’une pure brochure marketing mise en ligne. En 2006, la plupart des banques occidentales ont achevé la transition de leur « brochure en ligne » vers le lancement de services bancaires complets en ligne.  Par la suite, ils ont évolué vers de véritables outils transactionnels avec lesquels la clientèle peut obtenir des informations sur les produits bancaires proposés, suivre ses comptes, effectuer des opérations liées à la gestion de ceux-ci, voir contracter des prêts ou réaliser des opérations d’investissements (Trichet, 2000).

Ces nouveaux sites web améliorés offrent de l’interaction et se concentrent de plus en plus sur l’automatisation des services traditionnels dans un environnement en ligne, tels, le contrôle des soldes, les paiements en ligne.

-           Coût de transactions réduit (Cheaper)

Selon DeYoung (2003), l’Internet a fortement réduit le coût de livraison de la plupart des services financiers. La rentabilité d’une entreprise dépend en partie de ses coûts. Parmi ceux-ci, les coûts de transaction sont primordiaux. Les technologies digitales ont grandement contribué à une réduction des coûts de compilation, de traitement, et de distribution de l’information (Harper et Chan, 2003). En effet, si nous nous focalisons sur l’e-banking, nous pouvons constater que comparativement, ces coûts sont substantiellement moindres que ceux des autres canaux de distribution. Cela permet à la banque de préserver une confortable marge de fonds à destiner à un usage beaucoup plus constructif et fructueux.

 

II - B) Quelques recommandations

 

Le numérique, nous avons pu le constater, chamboule l’intégralité des secteurs économiques, et le fonctionnement même de nos entreprises et de nos organisations. Mais s’il représente un formidable levier de croissance, il représente surtout une possibilité d’améliorer le quotidien de chacun.

Porteur d’immenses promesses, le numérique tarde à satisfaire, car nous tardons à engager pleinement la conversion numérique de nos sociétés. C’est pourquoi il est urgent d’agir par un encadrement formel de cette révolution numérique.

Il est temps de prendre conscience du fait que sans actions fortes, sans un engagement entier de tous les acteurs de notre pays dans cette révolution, nous serons laissés sur le bas-côté de la route, condamnés à fournir nos matières premières – données, ressources humaines, idées – à d’autres États qui les feront prospérer. Le numérique n’est pas une menace, mais bel et bien une chance de replacer notre pays sur la route de la croissance et du progrès.

Pour ce faire, il faut arrêter de penser le numérique comme une filière industrielle à part entière, arrêter de considérer le numérique comme une simple évolution technologique, arrêter de « se mettre au numérique » de manière incrémentale, mais bien prendre conscience qu’il s’agit d’une révolution systémique qui change profondément nos sociétés, en influant sur nos modes de production, nos modes de vie, notre quotidien, nos institutions, et en appelant une conversion numérique globale.

Le Gouvernement a récemment reconnu la nécessité de mettre en œuvre une « politique industrielle » de l’Economie Numérique à part entière, maintenant reste-t-il d’envisager dans les meilleurs délais la production d’un plan de développement de l’Economie Numérique.

Inspirés de l’expérience et des travaux de certains pays qui ont connu la frénésie et l’engouement qui nous animent aujourd’hui sur ce sujet, nous avons retenu quelques propositions sur lesquelles les pouvoirs publics pourraient focaliser leur action. Ces propositions s’articulent autour de 4 axes d’intervention :

1. Accélérer la mise en œuvre de chantiers numériques à dimension sociétale

2. Encourager la diffusion et la réutilisation des données publiques

3. Impulser le développement des usages des TIC dans les PME

4. Soutenir le financement des entreprises du secteur

Dans un pré-requis, toute ambition affichée en matière d’infrastructures doit être complétée par une politique structurée en matière d’usages numériques

 

Accélérer le déploiement du très haut débit

        L’usage de l’internet est encore insuffisant dans les PME et surtout dans les TPE. Avec la montée en puissance des usages grand public, et notamment le développement exponentiel de l’image sur les réseaux, naissent de nouveaux besoins, tant au domicile, que dans l’entreprise, ou en situation de mobilité. C’est un nouveau défi économique et industriel qui est lancé : comment la fibre optique pour le fixe et  les technologies mobiles de 3ième  et 4ième générations pourront servir ces besoins et rencontrer véritablement un marché solvable ?

Moderniser le système d’information

         La mise en œuvre de programmes ambitieux en matière de SI revêt un caractère prioritaire et répond à une attente forte de tous les acteurs concernés. Ceci peut a la modernisation du système de sante par exemple.

Bâtir l’ « école numérique »

         La création d’une structure partenariale nationale visant à assurer le développement continu et équilibré du numérique et de ses usages dans l’espace.

         Il s’agit là encore d’un important projet de transformation de la société qui doit être étendu aux autres écoles, puis aux collèges et lycées afin de :

-       Donner à tous les élèves les instruments intellectuels de maîtrise des outils TIC;

-       Sensibiliser l’ensemble de la communauté éducative - parents, élèves et professeurs à de nouvelles formes de relations pédagogiques dans le cadre d’un espace numérique de travail partagé ;

Mettre à niveau les équipements des écoles et en faire le lieu d’appropriation des usages des TIC comme source d’information, de communication et d’accès à la connaissance pour tous. Ceci permettra aux écoles rurales de bénéficier d’équipement en classes mobiles et ressources numériques et permettra de réduire les inégalités existantes en matière d’accès aux ressources et services numériques

Encourager la diffusion et la réutilisation des données publiques

Il s’agit ici du marché de l’information professionnelle issue directement ou indirectement de l’information publique. La mise à disposition pour réutilisation des données publiques et des données culturelles favorisera le développement de l’Economie Numérique en facilitant la constitution de nouveaux services.

Aux Etats-Unis, l’équipe du Président Obama en charge des Technologies de l’Information vient de lancer un projet très ambitieux. Le site data.gov met en ligne, depuis la fin du mois de mai 2009, l’ensemble des informations collectées par le Gouvernement. Ce qui permettra ainsi l’agrégation de ces données pour offrir de nouveaux services.

Objectifs de la mesure : « Les informations émanant du secteur public constituent une matière première importante pour les entreprises pour créer des produits ou services à valeur ajoutée et développer de nouvelles activités économiques. L’exploitation des contenus produits par les administrations présente en particulier de réels enjeux pour le développement de l’Economie Numérique ». [Paragraphe extrait de la lettre de mission d’investigation et d’analyse, confiée par Christine Lagarde à l’Inspection générale des Finances et au Conseil Général de l’Industrie, de l’Energie et des Technologie concernant la mise en place d’un portail unique donnant accès aux informations publiques].

Accompagner la dématérialisation des échanges et des processus dans les PME

        L’objectif ici est de contribuer à l’intégration de la dématérialisation dans les PME. Relancer les activités de conseil dans le domaine.

        Pour les PME, la principale difficulté quant à l’intégration des processus dématérialisés tient au fait qu’elles ont du mal à définir les priorités, à maîtriser les choix et à mesurer les retombées. Des « diagnostics courts » (3 à 4 jours) leur permettraient de disposer d’une véritable feuille de route leur permettant d’aborder la dématérialisation de manière plus rassurante.

 

-          Encourager les investissements en e-commerce et CRM (Customer Relationship Management) des PME

Les pouvoirs publics ont exprimés un désir très volontariste dernièrement afin d’accompagner et soutenir les PME. Elles forment en effet le cœur de notre tissu industriel et sont un gisement d’innovation et d’emploi. Elles souffrent toutefois autant, sinon plus, que les grandes entreprises des conditions économiques dégradées et requièrent  la mise en œuvre de mesures d’accompagnement ciblées.

Le passage à l’Economie Numérique et l’appropriation des nouvelles technologies apparaît comme une condition si ne qua non du développement et de la plus grande compétitivité des PME tant ils favorisent le travail en réseau et l’ouverture vers de nouveaux marchés. Les TIC permettent en effet de :

§ Gagner du temps et de réduire les erreurs dans les commandes, les livraisons ou la conception des systèmes;

§ Repenser le mode de fonctionnement interne des entreprises pour l’optimiser et gagner en compétitivité;

§ Favoriser l’adoption de standards internationaux et l’intégration des entreprises dans l ‘économie nationale et mondiale.

-          Favoriser la création d’entreprises internet/TIC citoyennes

        Il est rare d’entendre des propositions favorisant une dynamique de création d’entreprises « start-ups » internet au Cameroun. Et pourtant, l’excellence Camerounaise en termes d’ingénieurs et de développeurs commence à prendre son envol en matière de notoriété mondiale. L’objectif ici st la mise en place d’un fonds d’investissement public, piloté par le MINPOSTEL, soutenant la capitalisation des jeunes pousses dont les projets favorisent les usages et les contenus numériques au Cameroun et définissant des critères citoyens complémentaires à la simple analyse d’un « business plan » (création d’emplois, écocitoyenneté, etc.). Mise en place d’un comité de sélection et d’accompagnement mixte Etat /Entrepreneurs.

-          Construire un cadre fiscal numérique

A défaut de pouvoir construire rapidement un cadre sous-régional de référence en matière de fiscalité numérique, nous proposons la création d’une formule fiscale incitative des services en ligne sur afin de favoriser le développement des activités de sociétés de commerce électronique (Camerounaises ou étrangères) ayant leur siège social au Cameroun. 

-          Créer un statut de « volontariat en entreprise » internet

L’objet principal est, sur la base du modèle des VIE (Volontariat International en Entreprises) pratiqués en France, de permettre que des diplômés des écoles d’ingénieurs ou de commerce intègrent des PME pour y étudier, mettre en œuvre et animer pendant une certaine période des sites internet « B to B » ayant pour objet la promotion de l’entreprise et de participer à l’accroissement de la présence des PME à l’international à travers l’utilisation des nouvelles technologies.

 

CONCLUSION

 

L’essor de l’économie numérique est associé à une nouvelle révolution industrielle touchant des sphères sociales, économiques, politiques et culturelles.

En plus des impacts observés et empiriques de l’économie numérique sur la croissance des pays, elle a également un effet disruptif sur tous les secteurs d’activité et l’économie en générale : les comportements des consommateurs ont été modifiés, le fonctionnement et l’organisation des entreprises transformés, notamment par l’amélioration des chaînes de valeur, des processus de production, d’organisation managériale et leur business model ne cesse d’être remis en question.

La transformation numérique apporte bien des avantages pour certaines entreprises prêtes à adopter le changement, la dématérialisation de distances, notamment, élimine les barrières à l’entrée sur certains marchés et se traduisent par un accès massif à de nouvelles opportunités pour les entreprises.

 Cet article a été exposé à l’occasion du café de la finance comptant pour le second semestre de l’année 2016 et organisé le samedi 7 mai 2016 par l’amicale des étudiants de deuxième année Master de la filière Banque-Monnaie-Finance Internationales (BMFI) de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC)

NYEMB Oscar Thierry Ulrick

MAKOGE ETIE Lionel

Auditeurs de justice financiers (section comptes)

 


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