aller à la navigation

LES METIERS DE LA BANQUE ET DE LA FINANCE A L’ERE DE L’ECONOMIE NUMERIQUE (Première partie) juillet 7 2016

Infos : , ajouter un commentaire

 images-15.jpg

L’internet et son cortège de nouvelles technologies révolutionnent notre manière de vivre, de communiquer, de travailler, et de créer de la richesse. Pratiquement tous les aspects de notre vie quotidienne, de nos échanges, de nos transactions commerciales et financières subissent, ou vont bientôt subir, une transformation radicale. Il s’agit de la révolution numérique.

Cette révolution induit le recours aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Nouvelle économie, nouvelles technologies, économie électronique, économie digitale, sont de dénominations utilisées pour décrire l’économie numérique.

Même si la littérature est variée et riche il n’existe cependant pas de définition exacte de l’économie numérique.

Le numérique regroupe les Technologies de l’Information et de la Communication ainsi que l’ensemble des techniques utilisées dans le traitement et la transmission des informations telles que par exemple les télécommunications, internet ou l’informatique

Le terme économie numérique renvoie d’une manière réductrice au commerce électronique laissant de côté (et ceci à tort) d’autres composantes telles que les services, les infrastructures et la technologie sous-jacente. Plus précisément, le terme devrait renvoyer aux télécommunications, audiovisuel, logiciel, réseaux informatiques, services informatiques, services et contenus en ligne.

De par son caractère transversal, elle influence tous les autres secteurs économiques, notamment le secteur des services en occurrence des services financiers.

L’utilisation d’internet dans ce contexte par exemple, a permis le rassemblement de personnes et de moyens en dématérialisant la distance physique pour créer, développer et partager des idées donnant lieu à de nouveaux concepts permettant ou facilitant les transactions bancaires et financières par conséquence, l’avènement d’une nouvelle génération d’entrepreneurs financiers et d’agents économiques dans ce secteur.

Le secteur de la banque et de la finance qui regorge de plusieurs catégories métiers d’agents parmi lesquels on distingue les agents « commerciaux », les agents « financiers », les agents « techniques », les agents « supports » … s’est vu profondément innervé par ce processus irréversible de numérisation.

Au regard de cette révolution numérique qui affecte progressivement le secteur de la finance et les activités bancaires, il était plus que pertinent de s’interroger sur l’impact ou plutôt la contribution de l’économie numérique aux métiers de la banque et de la finance. Autrement dit, de quelle manière l’informatisation et la numérisation des services bancaires et financiers modifie l’exercice de ces métiers hautement sensibles et en l’occurrence régis par la confidentialité et le secret bancaire ?

Dans un souci de chronologie, il conviendrait de présenter le secteur le concept d’économie numérique (Première partie), l’impact de cette révolution numérique sur l’exercice des métiers inhérents au secteur financier et enfin de formuler des recommandations dans l’optique d’une numérisation optimale des activités financières et des métiers y relatifs (Deuxième partie).

I – LE CONCEPT D’ECONOMIE  NUMERIQUE

 

A-    Définition et circonscription

 

 

1-      Définition

 

Souvent le terme économie numérique renvoie d’une manière réductrice au commerce électronique laissant de côté d’autres composantes telles que les services, les infrastructures et la technologie sous-jacente. Plus précisément, le terme devrait renvoyer aux télécommunications, audiovisuel, logiciel, réseaux informatiques, services informatiques, services et contenu en ligne.

Selon GfK (Société allemande pour la recherche sur la consommation), le marché numérique regroupe les technologies informatiques (ordinateurs, téléphones, lecteurs, GPS…) et les services de communication (réseaux sociaux, ventes en ligne…).

Le numérique regroupe les Technologies de l’Information et de la Communication ainsi que l’ensemble des techniques utilisées dans le traitement et la transmission des informations telles que par exemple les télécommunications, internet ou l’informatique.

Le secteur du numérique désigne le secteur d’activité économique relatif aux Technologies de l’Information et de la Communication et à la production et à la vente de produits et services numériques.

L’économie numérique au sens scientifique du terme est l’étude des biens immatériels qui sont par définition des biens non rivaux à coût marginal nul. Cette définition induit de nouvelles relations, de nouveaux modèles d’échange/partage, uniquement possible par Internet, un nouveau concept de propriété privée.

Il s’agit d’un sous-domaine complet de l’économie, à ne pas confondre avec le secteur du numérique qui relève de l’économie classique, ni avec la numérisation de l’économie, processus inéluctable portant sur tous les biens matériels et sur tous les services.

Comme ces biens immatériels sont des créations de l’esprit de nature artistique ou intellectuelle, l’économie numérique apporte de nouveaux modèles et de nouvelles possibilités pour l’économie de la connaissance pour et l’économie de la culture.

2-      Circonscription de l’économie numérique

 

La circonscription de l’économie numérique  se fait essentiellement à partir de ses indicateurs structurels.

Il s’agit ici de l’ensemble des paramètres dont les tendances permettent de quantifier et de mesurer l’importance des infrastructures y relatives. Ce sont donc principalement les marches et les équipements de télécommunications :

-          Les marchés (e-commerce ; marche de la communication et marches des produits numériques) ;

-          Les équipements de télécommunications (téléphonie fixe et ses évolutions (EX : VoIP), internet fixe, téléphonie mobile, déploiement de la Télévision numérique).

Principaux acteurs (production/consommation) : entreprises, particuliers, Administration

B-    Impact global de l’économie numérique

 

 

1-      Impacts théoriques de l’économie numérique sur la croissance

 

Théoriquement, une étude de Coe-Rexecode(estime double la contribution de l’économie numérique à la croissance économique en générale). En effet, il existe la contribution directe par l’augmentation du capital numérique en tant que facteur de production. Et la contribution indirecte engendrée par le fait que cette augmentation de capital numérique a un effet positif sur les gains de productivité globale de l’économie.

En termes de contribution directe, l’économie numérique a un effet macroéconomique lié à l’augmentation de l’investissement productif des entreprises, investissement dans les biens corporels : équipements et matériels numériques ; ou incorporels : logiciels,  utilisés dans le processus de production.

Il y a donc un effet volume sur la croissance car une augmentation du capital productif entraîne un accroissement de la formation brute de capital fixe agrégée (FBCF) (et par conséquent du PIB, c’est un effet volume direct).

Un autre effet est lié à l’augmentation de la productivité des salariés. Une bonne formation des salariés à l’utilisation du numérique en entreprise augmente leur productivité, notamment grâce à la possible d’automatisation des tâches, qui conduisent à un gain de temps, à une amélioration de processus, à une augmentation des échanges et à une optimisation de l’organisation. Cette réorganisation entraine l’amélioration de la productivité du travail, un déterminant majeur de la croissance économique.

Concernant la contribution indirecte, c’est la forte utilisation des technologies numériques qui entraîne une amélioration de la productivité globale de facteurs (PGF). Cette notion de PGF est difficilement quantifiable car elle ne peut pas être mesurée par l’accroissement de l’usage des facteurs de production comme le capital et le travail. La PGF reflète l’impact du progrès technique sur la croissance.

L’amélioration de la PGF est en partie attribuée aux secteurs producteurs de matériels numériques mais aussi aux secteurs utilisateurs d’innovations numériques. En effet, les forts gains de productivité (effet volume direct) des secteurs producteurs ont conduit à une baisse de prix de production et de ventes de biens et services numériques, ce qui a un effet sur la dynamique des prix et donc sur l’inflation. Plus les prix sont faibles et plus les secteurs utilisateurs vont être incités à investir dans des produits numériques dans le but d’accroitre leur productivité. La productivité globale des facteurs dépend également de la large diffusion des innovations numériques dans l’ensemble de l’économie.

En effet l’innovation numérique  a des externalités de « réseau », plus les innovations numériques sont largement diffusées et adoptées, plus les bénéfices seront importants (effet d’apprentissage, économies d’échelle). Ainsi leur diffusion permet à l’ensemble d’autres secteurs économiques de gagner en innovation et productivité également.

2-      L’économie numérique et son impact sur l’économie africaine

 

Dans la note de l’IFRI publiée en 2010 sur l’Afrique Subsaharienne, les recettes des télécoms représentent près de 5% du PIB des pays africains. De plus, dans les pays comme la Zambie, l’Ethiopie ou la Namibie, les ménages dépensent près de 10% de leur revenu mensuel en téléphonie contre 3% (INSEE) dans les pays développés.

Le rapport du GSMA sur l’économie mobile en 2013 évaluait en 2012 la contribution de l’écosystème Mobile au PIB en Afrique Subsaharienne à 60milliards de dollars américains et prévoit d’ici 2020 une augmentation de 8% soit 119 milliards de dollars américains en 2020.

Bien que l’Afrique enregistre le taux le moins élevé de la contribution d’internet à l’iGDP, certains pays africains rivalisent avec les plus grandes économies de ce monde. Il s’agit du Sénégal (3.3%), du Kenya (2.9%) et du Maroc (2.3%).

Il faut noter que certains pays africains qui enregistrent des taux de pénétration d’internet élevés n’obtiennent pas les meilleurs scores pour la contribution d’internet à l’iGDP (par exemple l’Afrique du Sud).

L’impact de l’économie numérique aujourd’hui est la résultante de plusieurs facteurs dans le domaine des télécoms et de l’internet.

En Afrique, plus de la moitié des connexions internet passent par le mobile, ce qui fait du secteur des télécoms un acteur incontournable dans la connexion du continent au reste du monde. Ensuite, il faut noter que l’utilisation du mobile est indéniable dans les flux financiers de nos jours, que ce soit pour le paiement en ligne que pour les transferts financiers.

L’exemple notable du moyen de paiement Mpesa au Kenya rencontre un succès fulgurant avec plus de 300 millions de dollars par mois qui font l’objet de transferts entre particuliers (soit 10% du PIB kenyan en valeur annuelle) et un chiffre d’affaires mensuel de 7 millions de dollars soit 8% du chiffre d’affaires global de Safaricom (la société fondatrice du Mpesa).

Preuve du succès de ce système, M-Pesa compte aujourd’hui plus de 14 millions d’utilisateurs et 7 milliards de dollars ont transité par ce service en 2010. A présent, au Kenya, grâce au Mpesa 75% des adultes ont accès au système financier contre à peine 20% en 2006.

Les réseaux télécoms sont également des grands contributeurs fiscaux des Etats. Actuellement, les impôts des télécoms représentent une source de revenus considérable pour les gouvernements africains. Le marché de la téléphonie mobile produit ainsi 7% des recettes fiscales totales de l’Afrique subsaharienne. Le secteur y a généré près de 71 milliards de dollars en recettes fiscales entre 2000 et 2012 selon le rapport sur les télécoms de Bearing point.

Selon GSMA, «la croissance du secteur de la téléphonie mobile a eu un impact économique direct de 32 milliards USD, incluant un paiement de 12 milliards USD de taxes et a généré environ 4,4 % du PIB de la région (en incluant les effets de la technologie mobile sur la productivité du travail) créant plus de 3,5 millions d’emplois équivalents temps plein (ETP)».

La deuxième partie de cet exposé portant sur « les mutations des métiers de la banque et de la finance dans un contexte numérique »fera l’objet d’une publication ultérieure.

LES MÉTIERS DE LA BANQUE ET DE LA FINANCE A L’ ÈRE DE L’ECONOMIE NUMÉRIQUE (Deuxième partie) juin 27 2016

Infos : , ajouter un commentaire

 images-25.jpg

 

II – Les mutations des métiers de la banque et de la finance dans un contexte numérique

Tout d’abord nous effectuerons une classification des différents métiers relevant du secteur de la banque et de la finance avant d’évaluer les mutations induites par la révolution numérique dans l’exercice de ces différents métiers.

 

A-     Les différents métiers de la banque et de la finance

 

Les différents métiers de la banque et de la finance peuvent être répartis par « familles». Car majoritairement admise par la profession bancaire, notamment par l’Observatoire des métiers de la banque (France).

On distingue ainsi trois familles de métiers bancaires :

- la force de vente (les agents commerciaux);

- les métiers de traitement des opérations (les agents financiers et techniques);

- les métiers ou fonctions supports (les agents supports).

 

1-      Force de vente (agents commerciaux)

On distingue  dans cette catégorie un certain type de métiers en fonction de la typologie d’activités bancaires :

Banque de réseau (banque de détail)

-          Chargé d’accueil et de services à la clientèle

-          Chargé de clientèle particulier

-          Chargé de clientèle professionnel

-          Responsable / animateur d’unité commerciale (Directeur d’agence dans le cadre de la banque de    détail)…etc.

Banque de financement et d’investissement

-          Chargé de clientèle entreprise

-          Opérateur de marché

-          Concepteur et conseiller en opérations et produits financiers…etc

Gestion d’actifs

-          Conseiller en patrimoine…etc

 

2-      Métiers de traitement d’opérations

Parmi ces agents on distingue :

Les agents financiers

•           Gestionnaire de back office (gestionnaires de patrimoines, gestionnaires d’actifs etc.)

•           Spécialiste des opérations bancaires (analystes financiers, traders ou opérateurs de marché, conseillers en fusions et acquisitions, opérateurs en privateequity (capital risque) etc.)

•           Responsable (Directeurs financiers, directeurs d’investissement, responsables de financement de projets…etc.) / Les agents techniques

•           Informaticien / chargé de qualité

•           Responsable informatique (chef de projets informatiques : création de nouvelles applications)  / organisation / qualité…etc.

 

3-      Fonctions Support (agents supports)

On distingue ici :

•           Analyste des risques

•           Contrôleur périodique / permanent

•           Gestionnaire administratif / Secrétaire

•           Juriste, fiscaliste

•           Contrôleur de gestion

•           Responsable / animateur d’unité ou expert logistique

•           Technicien logistique / Immobilier

•           Technicien comptabilité / finances

•           Spécialiste / responsable comptabilité / finances

•           Technicien ressources humaines

•           Spécialiste/responsable ressources humaines

•           Gestionnaire marketing / communication

•           Spécialiste / responsable marketing / communication

 

B-     Impact de la révolution numérique sur l’exercice des métiers de la banque et de la finance

 

Cet impact peut s’illustrer à travers l’avènement de  moyens de paiement innovants associé à l’arrivée de nouveaux protagonistes sur le marché bancaire, et la dématérialisation des métiers de la banque et de la finance.

 

1-      l’avènement de  moyens de paiement innovants et l’arrivée de nouveaux protagonistes sur le marché bancaire

 

a-      l’avènement de  moyens de paiement innovants

 

Grâce aux avancées technologiques, de nouveaux moyens de paiement ont vu le jour. Il s’agit essentiellement :

Des cartes bancaires électroniques (e-payment), de Paypal, des cartes à puce sans contact NFC et du paiement mobile (m-payment ).

-          Les cartes bancaires électroniques (e-payment)

Alors qu’il est de plus en plus fréquent aujourd’hui d’effectuer des achats en ligne, il devient primordial que les paiements soient suffisamment sécurisés afin d’acquérir la confiance des consommateurs. Ce moyen de paiement sécurisé en ligne est la carte bancaire.

 Encore faut-il prendre des précautions. En effet, il faut s’assurer de l’identité du e-commerçant(plus précisément de l’acheteur). Il suffit alors de donner son nom, le numéro de la carte bancaire, la date de validité de la carte bancaire ainsi que les 3 chiffres du pictogramme au dos de la carte bancaire…

En 2001, un nouveau moyen de paiement apparaît. Il s’agit de l’e-carte bleue. Grâce à ce dispositif, le consommateur qui aura téléchargé le logiciel de sa banque pourra effectuer une seule opération bancaire en ligne via un identifiant à usage unique et de courte durée.

Au Cameroun, il s’agit d’un des moyens de paiement les plus vulgarisés.

-          PayPal

Il s’agit d’ un nouveau moyen de paiement en ligne mis en place par Paypal, une filiale d’eBay. Il permet aux internautes de  créer un compte Paypal ce qui leur permet ensuite d’effectuer des achats en ligne sans divulguer leur numéro de carte bancaire pour chaque opération.

Cependant, Paypal envisage d’évoluer du statut de moyen de paiement à celui de banque à part entière car bénéficiant du statut d’établissement de crédit depuis 2007 dont la banque européenne est basée au Luxembourg . En effet, Les services bancaires représentent une activité particulièrement convoitée par Paypal notamment, qui prévoit de se lancer dans le crédit à la consommation aux particuliers. Paypal vise également le financement des entreprises.

-          Des cartes à puce sans contact NFC

Ce sont des cartes à puce sans contact « NFC » (Near Field Communication ou communication en champ proche) et / ou dans les mobiles des utilisateurs, et fonctionne comme un portefeuille électronique.

Cette carte, initialement créée pour faciliter le paiement dans les transports en commun, est aujourd’hui utilisée, au-delà du paiement des transports publics de la ville, pour effectuer des achats dans un grand nombre de magasins de la ville, de supermarchés, de restaurants, et de cinémas, et permet de cumuler des points de fidélité.

Exemple : PCCW-HKT, le plus grand opérateur mobile à Hong Kong, déploie depuis 1997 la carte Octopus comme «mobile wallet» de nouvelle génération. Aujourd’hui, plus de 23 millions de cartes Octopus sont en circulation, permettant à 95% de la population de la ville de bénéficier de services de micropaiement. 

Il n’en existe pratiquement pas encore au Cameroun à l’heure actuelle.

-          Le paiement mobile (m-payment )

Avec plus de 9 milliards d’abonnés mobiles dans le monde, et le développement exponentiel de l’usage des smartphones dans le monde (plus de (près de 500 millions de smartphones ont été vendus à travers le monde au 4ème trimestre 2015, soit une hausse de près de 46% en trois mois.

Au Cameroun par exemple, malgré l’insuffisance de données sur l’économie numérique, on estime aujourd’hui à un peu plus de trois millions le nombre de camerounais ayant un compte Mobile Money.

Les dernières statistiques estiment à près de 4 millions le nombre de camerounais qui paient et transfèrent de l’argent via l’application Mobile Money. Pour la seule année 2015, Eneo a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 8,2 milliards de Fcfa en transactions mobiles.

D’après les chiffres les plus récents, le chiffre d’affaires de ce service de paiement électronique est passé de 4,2 milliards de francs Cfa (675 000 transactions) en 2013  à 8,2 milliards de FCfa (700 000 transactions) en 2014.

En  2015, l’entreprise s’était fixé pour objectif de parvenir à 20% des paiements des factures de consommation d’électricité par le service Mobile Money.

A côté d’Eneo, d’autres entreprises, surtout bancaires, montrent un appétit certain dans ce service.

Pour la seule année 2015, Afriland First Bank, la  Société générale Cameroun, la Bicec, Ecobank pour ne citer que celles-là, ont développé des applications permettant ou facilitant des transactions financières via les téléphones portables.

 En 2014, au cours d’une cérémonie organisée pour le lancement de  sa nouvelle offre de Mobile Banking panafricaine dénommée «Cash Management», Georges Wega, Directeur général adjoint de la Société générale Cameroun, apprenait qu’«Aujourd’hui, près de 50% de virements de nos clients entreprises sont électroniques et coûtent dix fois moins cher que les virements papiers».

 

b-      De nouveaux protagonistes sur le marché bancaire

 

De nouveaux modèles de banques et de ont vu le jour, par conséquent on distingue désormais trois principaux modèles bancaires :

-          Le modèle « Brick and mortar »

Il désigne les sociétés qui commercialisent leurs services exclusivement à travers des structures de distribution physiques (au travers d’un réseau d’agences dans le secteur bancaire) et ne sont donc généralement présentes sur le web que grâce à un site internet  ou un portail d’information à titre de publicité (pour se faire connaitre et faire connaitre ses produits et services). C’est actuellement le modèle prédominant au Cameroun.

 

-          Le modèle « Clicks and mortar »

Il regroupe quant à lui  les établissements bancaires qui combinent d’une part la commercialisation de leurs services via des structures de distribution physiques (les agences, voir supra) et d’autre part via le canal web. C’est un modèle qui tend à s’implanter en Afrique et au Cameroun par mutation progressive de certaines « Bricks and mortars  » (Consultation de compte bancaire en ligne, Relevé bancaire et solde de compte, virement etc.)

 

-          Le modèle « Pure player »

On retrouve ici les sociétés qui réalisent l’intégralité de la commercialisation de leurs services par l’intermédiaire d’Internet, et donc sans structure de distribution, ni d’unité de production et presque sans installations tangibles. Si cette dernière définition est appliquée au secteur bancaire, une « vrai banque Internet » (banque purement digitale) peut se définir comme une banque fournissant ses services (soldes des comptes, capacités de transaction, etc.) à ses clients à travers le World Wide Web.

Outre manche, pour occuper ce « nouveau terrain » et concurrencer les banques en ligne (pure players), des assureurs ou encore des groupes de la grande distribution, les grandes banques de réseau ont développé leurs propres agences en ligne.

Au-delà des services bancaires  traditionnels mis à la disposition des clients par les banques de détail (virement, consultation de soldes, etc.), bon nombre d’entre elles ont développé des filiales (souvent des nouveaux entrants indépendants) uniquement en ligne.

Ces nouveaux acteurs ont le choix entre deux stratégies diamétralement opposées, et se positionnent soit comme un canal de communication complémentaire au réseau déjà existant de la banque en question, soit comme une e-banque à part entière, concurrente de la banque de détail dont elle est filiale.

• Dans le premier cas :

La banque propose une offre similaire à celle disponible en agence mais sur un mode relationnel privilégiant les canaux à distance, avec notamment le rattachement à un conseiller particulier accessible via une multitude de canaux (mails, téléphone, visio-conférence, sms, etc.).

L’agence demeure souvent un point de contact possible pour le client, et ces agences en ligne disposent de noms de marques spécifiques (e-LCL, La Net Agence, etc.) et sont très clairement rattachées à leur « banque-mère ». Sur le plan tarifaire, la différenciation reste limitée, et très éloignée de l’apparente « gratuité » proposée par les pure-players.

• Dans le second cas :

La banque en ligne peut suivre une logique de spécialisation sur un type de produit particulier. Elle est ainsi conçue comme une banque, virtuelle, mais à part entière et indépendante. La banque propose l’intégralité de la gamme de produits bancaires classique, la relation client est assurée par un conseiller à identité virtuelle ou réelle, et se fait par téléphone ou visio-conférence, en lieu et place du rendez-vous en agence, les documents sont échangés, en fonction de leur valeur juridique, soit par mails, soit par courrier.

Dématérialisation de l’exercice des métiers de la banque et de la finance

L’adage « Faster/better/cheaper » est devenu le mantra des e-bankers. En effet, la dématérialisation permet :

-           un gain de temps considérable (Faster)

 Les clients réalisent désormais plusieurs de leurs opérations par voie électronique ce qui conduit à un gain de temps pour les employés de la banque car le nombre d’opérations à traiter manuellement diminue considérablement. L’utilisation de ces technologies a transformé considérablement le métier des employés et l’a recentré sur des services à plus forte valeur ajoutée.

Il s’agit en l’occurrence  du consulting, du crédit, de financement à CT et MT, et/ou d’investissement (LT) etc.

-           De nouvelles possibilités (Better)

A l’origine, les sites web des banques étaient réduits à de simples vitrines destinées à présenter l’entreprise.  Il  n’était qu’une pure brochure marketing mise en ligne. En 2006, la plupart des banques occidentales ont achevé la transition de leur « brochure en ligne » vers le lancement de services bancaires complets en ligne.  Par la suite, ils ont évolué vers de véritables outils transactionnels avec lesquels la clientèle peut obtenir des informations sur les produits bancaires proposés, suivre ses comptes, effectuer des opérations liées à la gestion de ceux-ci, voir contracter des prêts ou réaliser des opérations d’investissements (Trichet, 2000).

Ces nouveaux sites web améliorés offrent de l’interaction et se concentrent de plus en plus sur l’automatisation des services traditionnels dans un environnement en ligne, tels, le contrôle des soldes, les paiements en ligne.

-           Coût de transactions réduit (Cheaper)

Selon DeYoung (2003), l’Internet a fortement réduit le coût de livraison de la plupart des services financiers. La rentabilité d’une entreprise dépend en partie de ses coûts. Parmi ceux-ci, les coûts de transaction sont primordiaux. Les technologies digitales ont grandement contribué à une réduction des coûts de compilation, de traitement, et de distribution de l’information (Harper et Chan, 2003). En effet, si nous nous focalisons sur l’e-banking, nous pouvons constater que comparativement, ces coûts sont substantiellement moindres que ceux des autres canaux de distribution. Cela permet à la banque de préserver une confortable marge de fonds à destiner à un usage beaucoup plus constructif et fructueux.

 

II - B) Quelques recommandations

 

Le numérique, nous avons pu le constater, chamboule l’intégralité des secteurs économiques, et le fonctionnement même de nos entreprises et de nos organisations. Mais s’il représente un formidable levier de croissance, il représente surtout une possibilité d’améliorer le quotidien de chacun.

Porteur d’immenses promesses, le numérique tarde à satisfaire, car nous tardons à engager pleinement la conversion numérique de nos sociétés. C’est pourquoi il est urgent d’agir par un encadrement formel de cette révolution numérique.

Il est temps de prendre conscience du fait que sans actions fortes, sans un engagement entier de tous les acteurs de notre pays dans cette révolution, nous serons laissés sur le bas-côté de la route, condamnés à fournir nos matières premières – données, ressources humaines, idées – à d’autres États qui les feront prospérer. Le numérique n’est pas une menace, mais bel et bien une chance de replacer notre pays sur la route de la croissance et du progrès.

Pour ce faire, il faut arrêter de penser le numérique comme une filière industrielle à part entière, arrêter de considérer le numérique comme une simple évolution technologique, arrêter de « se mettre au numérique » de manière incrémentale, mais bien prendre conscience qu’il s’agit d’une révolution systémique qui change profondément nos sociétés, en influant sur nos modes de production, nos modes de vie, notre quotidien, nos institutions, et en appelant une conversion numérique globale.

Le Gouvernement a récemment reconnu la nécessité de mettre en œuvre une « politique industrielle » de l’Economie Numérique à part entière, maintenant reste-t-il d’envisager dans les meilleurs délais la production d’un plan de développement de l’Economie Numérique.

Inspirés de l’expérience et des travaux de certains pays qui ont connu la frénésie et l’engouement qui nous animent aujourd’hui sur ce sujet, nous avons retenu quelques propositions sur lesquelles les pouvoirs publics pourraient focaliser leur action. Ces propositions s’articulent autour de 4 axes d’intervention :

1. Accélérer la mise en œuvre de chantiers numériques à dimension sociétale

2. Encourager la diffusion et la réutilisation des données publiques

3. Impulser le développement des usages des TIC dans les PME

4. Soutenir le financement des entreprises du secteur

Dans un pré-requis, toute ambition affichée en matière d’infrastructures doit être complétée par une politique structurée en matière d’usages numériques

 

Accélérer le déploiement du très haut débit

        L’usage de l’internet est encore insuffisant dans les PME et surtout dans les TPE. Avec la montée en puissance des usages grand public, et notamment le développement exponentiel de l’image sur les réseaux, naissent de nouveaux besoins, tant au domicile, que dans l’entreprise, ou en situation de mobilité. C’est un nouveau défi économique et industriel qui est lancé : comment la fibre optique pour le fixe et  les technologies mobiles de 3ième  et 4ième générations pourront servir ces besoins et rencontrer véritablement un marché solvable ?

Moderniser le système d’information

         La mise en œuvre de programmes ambitieux en matière de SI revêt un caractère prioritaire et répond à une attente forte de tous les acteurs concernés. Ceci peut a la modernisation du système de sante par exemple.

Bâtir l’ « école numérique »

         La création d’une structure partenariale nationale visant à assurer le développement continu et équilibré du numérique et de ses usages dans l’espace.

         Il s’agit là encore d’un important projet de transformation de la société qui doit être étendu aux autres écoles, puis aux collèges et lycées afin de :

-       Donner à tous les élèves les instruments intellectuels de maîtrise des outils TIC;

-       Sensibiliser l’ensemble de la communauté éducative - parents, élèves et professeurs à de nouvelles formes de relations pédagogiques dans le cadre d’un espace numérique de travail partagé ;

Mettre à niveau les équipements des écoles et en faire le lieu d’appropriation des usages des TIC comme source d’information, de communication et d’accès à la connaissance pour tous. Ceci permettra aux écoles rurales de bénéficier d’équipement en classes mobiles et ressources numériques et permettra de réduire les inégalités existantes en matière d’accès aux ressources et services numériques

Encourager la diffusion et la réutilisation des données publiques

Il s’agit ici du marché de l’information professionnelle issue directement ou indirectement de l’information publique. La mise à disposition pour réutilisation des données publiques et des données culturelles favorisera le développement de l’Economie Numérique en facilitant la constitution de nouveaux services.

Aux Etats-Unis, l’équipe du Président Obama en charge des Technologies de l’Information vient de lancer un projet très ambitieux. Le site data.gov met en ligne, depuis la fin du mois de mai 2009, l’ensemble des informations collectées par le Gouvernement. Ce qui permettra ainsi l’agrégation de ces données pour offrir de nouveaux services.

Objectifs de la mesure : « Les informations émanant du secteur public constituent une matière première importante pour les entreprises pour créer des produits ou services à valeur ajoutée et développer de nouvelles activités économiques. L’exploitation des contenus produits par les administrations présente en particulier de réels enjeux pour le développement de l’Economie Numérique ». [Paragraphe extrait de la lettre de mission d’investigation et d’analyse, confiée par Christine Lagarde à l’Inspection générale des Finances et au Conseil Général de l’Industrie, de l’Energie et des Technologie concernant la mise en place d’un portail unique donnant accès aux informations publiques].

Accompagner la dématérialisation des échanges et des processus dans les PME

        L’objectif ici est de contribuer à l’intégration de la dématérialisation dans les PME. Relancer les activités de conseil dans le domaine.

        Pour les PME, la principale difficulté quant à l’intégration des processus dématérialisés tient au fait qu’elles ont du mal à définir les priorités, à maîtriser les choix et à mesurer les retombées. Des « diagnostics courts » (3 à 4 jours) leur permettraient de disposer d’une véritable feuille de route leur permettant d’aborder la dématérialisation de manière plus rassurante.

 

-          Encourager les investissements en e-commerce et CRM (Customer Relationship Management) des PME

Les pouvoirs publics ont exprimés un désir très volontariste dernièrement afin d’accompagner et soutenir les PME. Elles forment en effet le cœur de notre tissu industriel et sont un gisement d’innovation et d’emploi. Elles souffrent toutefois autant, sinon plus, que les grandes entreprises des conditions économiques dégradées et requièrent  la mise en œuvre de mesures d’accompagnement ciblées.

Le passage à l’Economie Numérique et l’appropriation des nouvelles technologies apparaît comme une condition si ne qua non du développement et de la plus grande compétitivité des PME tant ils favorisent le travail en réseau et l’ouverture vers de nouveaux marchés. Les TIC permettent en effet de :

§ Gagner du temps et de réduire les erreurs dans les commandes, les livraisons ou la conception des systèmes;

§ Repenser le mode de fonctionnement interne des entreprises pour l’optimiser et gagner en compétitivité;

§ Favoriser l’adoption de standards internationaux et l’intégration des entreprises dans l ‘économie nationale et mondiale.

-          Favoriser la création d’entreprises internet/TIC citoyennes

        Il est rare d’entendre des propositions favorisant une dynamique de création d’entreprises « start-ups » internet au Cameroun. Et pourtant, l’excellence Camerounaise en termes d’ingénieurs et de développeurs commence à prendre son envol en matière de notoriété mondiale. L’objectif ici st la mise en place d’un fonds d’investissement public, piloté par le MINPOSTEL, soutenant la capitalisation des jeunes pousses dont les projets favorisent les usages et les contenus numériques au Cameroun et définissant des critères citoyens complémentaires à la simple analyse d’un « business plan » (création d’emplois, écocitoyenneté, etc.). Mise en place d’un comité de sélection et d’accompagnement mixte Etat /Entrepreneurs.

-          Construire un cadre fiscal numérique

A défaut de pouvoir construire rapidement un cadre sous-régional de référence en matière de fiscalité numérique, nous proposons la création d’une formule fiscale incitative des services en ligne sur afin de favoriser le développement des activités de sociétés de commerce électronique (Camerounaises ou étrangères) ayant leur siège social au Cameroun. 

-          Créer un statut de « volontariat en entreprise » internet

L’objet principal est, sur la base du modèle des VIE (Volontariat International en Entreprises) pratiqués en France, de permettre que des diplômés des écoles d’ingénieurs ou de commerce intègrent des PME pour y étudier, mettre en œuvre et animer pendant une certaine période des sites internet « B to B » ayant pour objet la promotion de l’entreprise et de participer à l’accroissement de la présence des PME à l’international à travers l’utilisation des nouvelles technologies.

 

CONCLUSION

 

L’essor de l’économie numérique est associé à une nouvelle révolution industrielle touchant des sphères sociales, économiques, politiques et culturelles.

En plus des impacts observés et empiriques de l’économie numérique sur la croissance des pays, elle a également un effet disruptif sur tous les secteurs d’activité et l’économie en générale : les comportements des consommateurs ont été modifiés, le fonctionnement et l’organisation des entreprises transformés, notamment par l’amélioration des chaînes de valeur, des processus de production, d’organisation managériale et leur business model ne cesse d’être remis en question.

La transformation numérique apporte bien des avantages pour certaines entreprises prêtes à adopter le changement, la dématérialisation de distances, notamment, élimine les barrières à l’entrée sur certains marchés et se traduisent par un accès massif à de nouvelles opportunités pour les entreprises.

 Cet article a été exposé à l’occasion du café de la finance comptant pour le second semestre de l’année 2016 et organisé le samedi 7 mai 2016 par l’amicale des étudiants de deuxième année Master de la filière Banque-Monnaie-Finance Internationales (BMFI) de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC)

NYEMB Oscar Thierry Ulrick

MAKOGE ETIE Lionel

Auditeurs de justice financiers (section comptes)

 

TEST EMPIRIQUE DE L’INDÉPENDANCE D’UNE BANQUE CENTRALE : CAS DE LA BEAC (Première Partie) mai 4 2016

Infos : , 50commentaires

 

           L’indépendance est un critère primordial pour la crédibilité d’un banquier central. Elle constitue l’élément central de l’orthodoxie en matière de gouvernance d’une banque centrale.

Pour procéder à la mesure de l’indépendance de notre banque centrale, nous envisageons de recourir aux indicateurs d’indépendance des banques centrales fournies par Grilli, Masciandaro et Tabellini (1991)et Cukierman, Webb et Neyapti (1992).

Ces mesures agrègent différents aspects de l’indépendance légale avec une pondération largement arbitraire. Ils ne contiennent aucune information sur l’indépendance informelle.

Cependant, une variante de l’indicateur de Cukierman, Webb et Neyapti portant sur les variables du questionnaire de Cukierman, Miller et Neyapti (1992)fournissent des Indices relatifs à la mesure del’indépendance réelle des banques centrales.

 

Mesure de l’indépendance légale de la BEAC

 

Pour nous forger une idée de l’indépendance de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), Nous avons opté pour deux indicateurs principaux ; celui de Vittorio Grilli, Donato Masciandaro, et Guido Tabellini (1991)  appelé l’indicateur GMT et l’indice de Cuckierman, S. Webb et Neyapti (1992).

Caractéristiques de l’indice GMT(Grilli, Masciandro et Tabellini)(1992)

 

En effet l’indice GMT est composé de deux sous-index, l’indépendance politique et l’indépendance économique de la banque centrale.

Chacun de ces sous-index est évalué selon un système binaire sous lequel le chiffre 1 est assigné ou non. L’index global est obtenu par une simple addition des scores obtenus pour l’indépendance politique et l’indépendance économique.

Le concept d’indépendance politique ici comprend trois éléments couvrant les procédures de nomination des dirigeants de la banque centrale, les relations entre le conseil de direction de la banque centrale et le gouvernement, et enfin les responsabilités officielles assignées à la banque centrale.

L’indépendance économique quant à elle renvoie principalement à l’indépendance financière et même budgétaire.

Caractéristiques de l’indice de Cuckierman, Webb et Neyapti(CWN ) (1992)

 

L’indice de Cuckierman, Webb et Neyapti quant à lui comprend seize sous-index qui permettent de mesurer l’indépendance légale de la banque centrale.  A chacun de ces sous-index est assigné un index appelé codage numérique et allant de 0 à 1.

Le codage numérique est ensuite multiplié par le coefficient de pondération relatif à l’index correspondant. Les valeurs pondérées sont ensuite cumulées pour obtenir l’indice proprement dit qui sera sujet à interprétation et déterminera le degré d’indépendance légale de la banque centrale étudiée.

Autrement dit, l’indice de Cuckierman tend à être plus précis que l’indice GMT bien que son usage s’avère un peu plus complexe.

Tableau 1 : les variables de l’indépendance légale selon Cukierman, Webb et Neyapti

( Indices relatifs au cadre légal de l’indépendance : codification de la législation)

 

Codage numérique

pondération

Description de la variable

N°de la variable

1.00

0.75

0.50

0.25

0.00

1.00

0.75

0.50

0.25

0.00

1.00

0.83

0.67

0.50

0.33

0.17

0.00

1.00

0.50

0.00

0.2

1-Le dirigeant de la banque centrale

a-      la durée du mandat

- plus de 8 ans

- entre 6 et 8 ans

- 5 ans

- 4 ans

- Moins de 4 ans ou à la discrétion de l’autorité de nomination

b-      qui désigne le dirigeant de la banque centrale ?

- Le conseil de la banque centrale

- Un comité rassemblant le conseil de la banque centrale, l’autorité exécutive etl’autorité législative

- Le législatif

- L’exécutif de manière collective

- Un ou deux membres du pouvoir exécutif

c-      la révocation

- à aucune provision pour la révocation

- uniquement pour des raisons non liés à la politique menée

-à la discrétion du conseil de la banque centrale

- à la discrétion du pouvoir législatif

- la révocation inconditionnelle est possible pour le législatif

- à la discrétion de l’exécutif

- la révocation inconditionnelle est possible pour l’exécutif

d-      le dirigeant de la banque centrale peut-il avoir d’autres fonctions au gouvernement ?

- non

- uniquement avec la permission de l’exécutif

- aucune règle n’existe en la matière

1

1.00

0.67

0.33

0.00

1.00

0.80

0.60

0.40

0.20

0.00

1.00

0.00

2- La formulation de la politique monétaire

a-      qui formule la politique monétaire ?

- la banque centrale seule

- la banque participe, mais a une influence faible

-la banque conseille le gouvernement uniquement

- la banque n’a aucun mot à dire

b-       à qui appartient la décision finale dans la résolution d’un conflit ?

- la banque, sur les questions clairement définies dans la loi comme ses objectifs

- le gouvernement, sur les questions non définies dans la loi comme des objectifs de la banque ou en cas de conflit interne à l’institution monétaire

- un conseil regroupant la banque centrale, l’exécutif et le législatif

- le législatif sur les questions de politiques économique

-l’exécutif sur les questions de politique économique, mais en suivant une démarche précise et avec une possibilité de recours pour la banque

- l’exécutif a la priorité de façon inconditionnelle

c-      le rôle de la banque centrale dans le processus budgétaire

- La banque a un rôle actif

-La banque n’a aucune influence

2

1.00

0.80

0.60

0.40

0.20

0.00

0.15

3- Les objectifs

 

- La stabilité des prix est l’objectif prioritaire ou unique du statut et la banque détient la décision finale en cas de conflit avec les autres objectifs gouvernementaux

- La stabilité des prix est l’objectif unique

-La stabilité des prix fait partie d’un ensemble d’objectifs compatibles les uns avec les autres

-La stabilité des prix fait partie d’un ensemble d’objectifs potentiellement conflictuels

-Aucun objectif n’est spécifié dans le statut

 -Les objectifs spécifiques n’incluent pas la stabilité des prix

3

Source:A.Cukierman, S.Webb&B.Neyapti «Measuring the independence of central banks and its effect on policy outcomes». The world bank economic review, vol 6 no 3 (1992)

 

Mesure de l’indépendanceréelle

 

Caractéristiques de l’indice de Cukierman, Miller et Neyapti(CMN) (1992)

 

Il s’agit d’un indice relatif à l’indépendance réelle déterminé après une codification des questionnaires et des entretiens avec les banquiers centraux. Il comprend 7 index et 4 sous-index. A chacun de ces index et sous-index est assigné un autre index dont la valeur varie de 0 à 1.

La procédure de détermination par pondération de l’indice final est la même que celle relative à l’indice d’indépendance légale CWN.

Cet indice semble plus précis et plus pertinent que les indices de mesure de l’indépendance d’une banque centrale

Cet indicateur est basé sur l’hypothèse selon laquelle un changement plus fréquent des gouverneurs des banques centrales signifie une plus faible indépendance des banques centrales.

En effet, un mandat long ne signifie pas systématiquement d’avantage d’indépendance, mais des durées d’exercice qui sont plus courtes que le cycle électoral pourrait signifier une indépendance plus faible.

Tableau  2 :  Les variables de l’indépendance réelle selon Cukierman, Miller et Neyapti

(Indices relatifs à l’indépendance réelle : codification des questionnaires et des entretiens avec les banquiers centraux (Turnover))

 

N°de la variable

Description de la variable

Pondération

Codification numérique

 

Source:A.Cukierman, S.Webb&B.Neyapti «Measuring the independence of central banks and its effect on policy outcomes». The world bankeconomicreview, vol 6 no 3 (1992)

 

 

 

 

  TEST EMPIRIQUESD’INDEPENDANCE DES BANQUES CENTRALES

 

L’indépendance est un critère primordial pour la crédibilité d’un banquier central. Elle constitue l’élément central de l’orthodoxie en matière de gouvernance d’une banque centrale.

Pour procéder à la mesure de l’indépendance de notre banque centrale, nous envisageons de recourir aux indicateurs d’indépendance des banques centrales fournies par Grilli, Masciandaro et Tabellini (1991)et Cukierman, Webb et Neyapti (1992).

Ces mesures agrègent différents aspects de l’indépendance légale avec une pondération largement arbitraire. Ils ne contiennent aucune information sur l’indépendance informelle.

Cependant, une variante de l’indicateur de Cukierman, Webb et Neyapti portant sur les variables du questionnaire de Cukierman, Miller et Neyapti (1992)fournissent des Indices relatifs à la mesure del’indépendance réelle des banques centrales.

 

Mesure de l’indépendance légale de la BEAC

 

Pour nous forger une idée de l’indépendance de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), Nous avons opté pour deux indicateurs principaux ; celui de Vittorio Grilli, Donato Masciandaro, et Guido Tabellini (1991)  appelé l’indicateur GMT et l’indice de Cuckierman, S. Webb et Neyapti (1992).

Caractéristiques de l’indice GMT(Grilli, Masciandro et Tabellini)(1992)

 

En effet l’indice GMT est composé de deux sous-index, l’indépendance politique et l’indépendance économique de la banque centrale.

Chacun de ces sous-index est évalué selon un système binaire sous lequel le chiffre 1 est assigné ou non. L’index global est obtenu par une simple addition des scores obtenus pour l’indépendance politique et l’indépendance économique.

Le concept d’indépendance politique ici comprend trois éléments couvrant les procédures de nomination des dirigeants de la banque centrale, les relations entre le conseil de direction de la banque centrale et le gouvernement, et enfin les responsabilités officielles assignées à la banque centrale.

L’indépendance économique quant à elle renvoie principalement à l’indépendance financière et même budgétaire.

 

Caractéristiques de l’indice de Cuckierman, Webb et Neyapti(CWN ) (1992)

 

L’indice de Cuckierman, Webb et Neyapti quant à lui comprend seize sous-index qui permettent de mesurer l’indépendance légale de la banque centrale.  A chacun de ces sous-index est assigné un index appelé codage numérique et allant de 0 à 1.

Le codage numérique est ensuite multiplié par le coefficient de pondération relatif à l’index correspondant. Les valeurs pondérées sont ensuite cumulées pour obtenir l’indice proprement dit qui sera sujet à interprétation et déterminera le degré d’indépendance légale de la banque centrale étudiée.

Autrement dit, l’indice de Cuckierman tend à être plus précis que l’indice GMT bien que son usage s’avère un peu plus complexe.

Tableau 1 : les variables de l’indépendance légale selon Cukierman, Webb et Neyapti

( Indices relatifs au cadre légal de l’indépendance : codification de la législation)

 

Codage numérique

pondération

Description de la variable

N°de la variable

1.00

0.75

0.50

0.25

0.00

1.00

0.75

0.50

0.25

0.00

1.00

0.83

0.67

0.50

0.33

0.17

0.00

1.00

0.50

0.00

0.2

1-Le dirigeant de la banque centrale

a-      la durée du mandat

- plus de 8 ans

- entre 6 et 8 ans

- 5 ans

- 4 ans

- Moins de 4 ans ou à la discrétion de l’autorité de nomination

b-      qui désigne le dirigeant de la banque centrale ?

- Le conseil de la banque centrale

- Un comité rassemblant le conseil de la banque centrale, l’autorité exécutive etl’autorité législative

- Le législatif

- L’exécutif de manière collective

- Un ou deux membres du pouvoir exécutif

c-      la révocation

- à aucune provision pour la révocation

- uniquement pour des raisons non liés à la politique menée

-à la discrétion du conseil de la banque centrale

- à la discrétion du pouvoir législatif

- la révocation inconditionnelle est possible pour le législatif

- à la discrétion de l’exécutif

- la révocation inconditionnelle est possible pour l’exécutif

d-      le dirigeant de la banque centrale peut-il avoir d’autres fonctions au gouvernement ?

- non

- uniquement avec la permission de l’exécutif

- aucune règle n’existe en la matière

1

1.00

0.67

0.33

0.00

1.00

0.80

0.60

0.40

0.20

0.00

1.00

0.00

2- La formulation de la politique monétaire

a-      qui formule la politique monétaire ?

- la banque centrale seule

- la banque participe, mais a une influence faible

-la banque conseille le gouvernement uniquement

- la banque n’a aucun mot à dire

b-       à qui appartient la décision finale dans la résolution d’un conflit ?

- la banque, sur les questions clairement définies dans la loi comme ses objectifs

- le gouvernement, sur les questions non définies dans la loi comme des objectifs de la banque ou en cas de conflit interne à l’institution monétaire

- un conseil regroupant la banque centrale, l’exécutif et le législatif

- le législatif sur les questions de politiques économique

-l’exécutif sur les questions de politique économique, mais en suivant une démarche précise et avec une possibilité de recours pour la banque

- l’exécutif a la priorité de façon inconditionnelle

c-      le rôle de la banque centrale dans le processus budgétaire

- La banque a un rôle actif

-La banque n’a aucune influence

2

1.00

0.80

0.60

0.40

0.20

0.00

0.15

3- Les objectifs

 

- La stabilité des prix est l’objectif prioritaire ou unique du statut et la banque détient la décision finale en cas de conflit avec les autres objectifs gouvernementaux

- La stabilité des prix est l’objectif unique

-La stabilité des prix fait partie d’un ensemble d’objectifs compatibles les uns avec les autres

-La stabilité des prix fait partie d’un ensemble d’objectifs potentiellement conflictuels

-Aucun objectif n’est spécifié dans le statut

 -Les objectifs spécifiques n’incluent pas la stabilité des prix

3

Source:A.Cukierman, S.Webb&B.Neyapti «Measuring the independence of central banks and its effect on policy outcomes». The world bank economic review, vol 6 no 3 (1992)

 

Mesure de l’indépendanceréelle

 

Caractéristiques de l’indice de Cukierman, Miller et Neyapti(CMN) (1992)

 

Il s’agit d’un indice relatif à l’indépendance réelle déterminé après une codification des questionnaires et des entretiens avec les banquiers centraux. Il comprend 7 index et 4 sous-index. A chacun de ces index et sous-index est assigné un autre index dont la valeur varie de 0 à 1.

La procédure de détermination par pondération de l’indice final est la même que celle relative à l’indice d’indépendance légale CWN.

Cet indice semble plus précis et plus pertinent que les indices de mesure de l’indépendance d’une banque centrale

Cet indicateur est basé sur l’hypothèse selon laquelle un changement plus fréquent des gouverneurs des banques centrales signifie une plus faible indépendance des banques centrales.

En effet, un mandat long ne signifie pas systématiquement d’avantage d’indépendance, mais des durées d’exercice qui sont plus courtes que le cycle électoral pourrait signifier une indépendance plus faible.

Tableau  2 :  Les variables de l’indépendance réelle selon Cukierman, Miller et Neyapti

(Indices relatifs à l’indépendance réelle : codification des questionnaires et des entretiens avec les banquiers centraux (Turnover))

 

N°de la variable

Description de la variable

Pondération

Codification numérique

 

Source:A.Cukierman, S.Webb&B.Neyapti «Measuring the independence of central banks and its effect on policy outcomes». The world bankeconomicreview, vol 6 no 3 (1992)

Dans un prochain article ” Test d’indépendance de la banque centrale : cas de la BEAC (Deuxième partie)”, nous procéderons à l’évaluation proprement dite du degré d’indépendance de notre banque centrale communautaire en nous basant essentiellement sur ses statuts et sur nos investigations.

En attendant, que pensez vous de la pertinence des indicateurs retenus pour cette étude ?

Oscar Thierry Ulrick Nyemb;

Master II en Relations Internationales (RIC)

Option Banque-Monnaie-Finance Internationales (BMFI)

IRIC.

 

LA GESTION DE LA TRESORERIE DE L’ETAT : Cas de l’Etat Togolais février 5 2015

Infos : , ajouter un commentaire

photo-issoufou.gif

                                    La gestion de la trésorerie a toujours constitué un point important dans la gestion budgétaire des Etats.

Elle l’est encore plus pour un pays qui cherche encore ses marques dans son cheminement vers la modernité et le développement à l’instar du Togo.

Le Togo, pays côtier de forme allongée en latitude, fait parti des pays à économie fragile. Ce sont en effet les multiples crises socio politiques, l’effondrement précoce du boom du phosphate, la rupture de la coopération avec les PTF pendant 15 ans, la dévaluation du franc CFA, qui lui doivent cette situation économique. La suppression des avances statutaires de la  BCEAO a été aussi un coup dur pour tous les pays qui comme le Togo sont en situation économique difficile.

Toutefois, le véritable problème est  qu’à l’époque il n’y avait pas une bonne politique axée sur la gestion prévisionnelle de la trésorerie. Or, l’Etat est amené à payer cher une telle défaillance institutionnelle. C’est fort de cela que très tôt les autorités ont pris conscience de porter un intérêt manifeste à cette fonction. Déjà en 1999, on assiste à la mise en place de cadre de réflexion autour duquel seront adoptées des méthodes appropriées de gestion de la trésorerie. Aujourd’hui encore cette fonction est entrain d’être dynamisée non seulement au niveau communautaire mais aussi au niveau national. Tous les pays s’attèlent unanimement à faire de la gestion de la trésorerie une fonction vitale. Voila ce qui ne nous a pas laissé indifférents quant a la tentation de traiter d’un sujet au combien pertinent.

 L’idéal est donc pour le Togo qu’avec  l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays  PPTE qu’il soit accordé un regard attentionné à la gestion de la trésorerie pour éviter de sombrer à nouveau dans la crise surendettement. Il va falloir faire de la gestion de la trésorerie une fonction qui puisse permettre de concilier les engagements intérieurs et extérieurs de l’Etat, qui puisse permettre qu’à chaque tomber de mandat ou a chaque convention de prêt ou d’emprunt que le trésor publique à l’échéance soit en mesure d’honorer ses engagements. Le respect de ces engagements pouvions nous affirmer sont promoteurs de la crédibilité de l’Etat.

C’est autour d’une problématique ainsi réfléchie que nous avons élaboré ce travail avec pour objectif de rechercher les voies et moyens pour une gestion  prévisionnelle et optimale de la trésorerie de l’Etat.

Grâce aux recherches documentaires et aux entretiens, nous sommes parvenus malgré les difficultés rencontrées, à élaborer un travail qui se présente en deux parties à savoir :

Le diagnostic de la gestion de la trésorerie au Togo dans une première partie et une deuxième qui y va de la contribution pour une gestion optimale de la  trésorerie.

Ainsi dans la première partie, il s’est agit d’exposer les différents cadre aussi bien juridique, institutionnel que technique qui régissent la matière. Bref, nous pouvons dire que la législation en matière de gestion de la trésorerie  au Togo est assez dense et variée. Les cadres en place à savoir le comité technique  de trésorerie et le comité interne de trésorerie sont assez compétents pour réfléchir des politiques de gestion de la trésorerie de l’Etat.

La gestion de la trésorerie de l’Etat s’appuie sur un outil moderne de gestion transparente dont la mise en œuvre est combinée avec la prudence du Gestionnaire, le flair du Comptable Public et enfin la capacité d’asseoir la judicieuse anticipation. Il s’agit du plan de trésorerie : outils par excellence de prévisions des recettes, des dépenses et du financement.

Justement ces deux masses que sont les recettes et les dépenses constituent même la raison d’être de la fonction de gestion de trésorerie. En effet, Elle permet dans le cadre de la planification de la trésorerie d’anticiper les décalages temporels entre les recettes et les dépenses, afin de prévoir le financement approprié au cas où il y a déficit dans le but de pouvoir exécuter les dépenses du budget de l’Etat d’une manière continue sans interruption. Au contraire, s’il y a excédent, il est prévu un mode de placements rémunérateurs appropriés à effectuer sur le marché de capitaux ou sur le marché financier ;  

Ces décalages sont devenus très fréquent ces dernières années et sont à l’origine des tensions de trésorerie quasi récurrentes.*

Un autre phénomène qui  a longtemps pris de l’ampleur à contribuer à la non maîtrise des recettes de l’Etat ; il s’agit de la dispersion des comptes des administrations publiques dans les banques commerciales.

Cette dispersion des comptes des services de l’Etat est la conséquence du non respect de certains principes fondamentaux qui régissent la comptabilité publique en l’occurrence le principe de l’unité de caisse.

Parce que la gestion de la ressource publique reste liée à celle du financement du développement, faire de la gestion de la trésorerie une fonction vitale est une impérieuse nécessité.

C’est en cela qu’un diagnostic de la gestion de la trésorerie doit avoir pour objectif de déceler les contraintes liées à cette fonction afin de formuler des propositions pour l’améliorer.

Ces contraintes nous ont d’ailleurs  amené à proposer des approches de solutions dans la deuxième partie, lesquelles peuvent un tant soit peu améliorer la gestion de la trésorerie au Togo.

A cet effet il incombe d’améliorer les cadres de gestion de la trésorerie.

Il incombe de même de rétablir le Trésor public dans toutes ses fonctions en générales et des fonctions de caissier et de banquier en particulier.

Optimiser la gestion de la trésorerie appelle désormais à la poursuite de plusieurs reformes au sein du Trésor. Visant ces reformes, celles relatives à la mise en place du CUT, à la connexion du Trésor a STAR et SICA UEMOA s’imposent.

De la gestion prévisionnelle de la trésorerie, il va falloir développer le processus informationnel du Trésor à travers la mise en place d’un logiciel de gestion de la trésorerie non seulement mais aussi et surtout la promotion d’une bonne politique d’informations afin d’imprégner la population sur la gestion des deniers publics. A cet effet, le plan de trésorerie devrait normalement être annexé à la loi de finances pour faciliter l’accès à l’information aux élus du peuple.

Le plus important résident dans l’assainissement des finances publiques.

Cet assainissement doit être entrepris par la mobilisation plus accrue des recettes publiques.

Vous conviendrez avec nous aussi que l’idéal n’est pas seulement de mobiliser les ressources, encore faudrait-il avoir une main mise sur l’exécution des dépenses publiques.

Pour ce faire la régulation budgétaire est le mécanisme qui est prévu lorsque, malgré la discipline budgétaire, le niveau de recouvrement des recettes n’est pas à la hauteur de celui des dépenses en instance de paiement.

Ces actions d’optimisation du recouvrement des recettes et de la maîtrise des dépenses vont assurément  conduire à l’adoption des budgets réalistes.

Le contrôle de l’exécution budgétaire semble être une issue favorable pour une maîtrise du rythme d’exécution des dépenses.

Abréviations

BC EAO : Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest

CUT : Compte Unique du Trésor

 

 

ISSOUFOU IDDE RAHILA

Etudiante en Régies Financières

Filière : Trésor

Candidate au diplôme d’Inspectrice Principale du Trésor

Ecole Nationale d’Administration (ENA) du TOGO

Accords de Partenariat Economiques (APE) définitifs : Le Cameroun dans le “couloir de la mort” août 31 2014

Infos : , 7commentaires

photo-papier-wilfried.jpg

Depuis la fin d’année 2013, les négociations entre les autorités camerounaises et l’Union Européenne (UE) en vue de la signature de l’Accord de Partenariat Economique (APE) ont repris de plus belle. Cependant, la ratification définitive de ce sinistre contrat signifierait tout bonnement le suicide économique pour le pays de Ruben Um Nyobe.
Sous les trompeuses apparences d’un partenariat de développement durable, le Cameroun a signé le 15 Janvier 2009, un accord de libre-échange provisoire avec l’Union Européenne. La date limite de ratification définitive fut à l’origine fixée au 1er Janvier 2014. Les clauses principales de cet accord incluent notamment la libre circulation des produits de l’UE vers le Cameroun et inversement. Autrement dit, la suppression des prélèvements douaniers sur les importations et exportations.
En outre, les acteurs Européens s’engagent pour la « réduction de la pauvreté et l’amélioration de la compétitivité des entreprises locales ». Ce qui est présente par les autorités occidentales comme une ouverture au développement en Afrique s’avère pourtant n’être en réalité qu’une mascarade économique des plus abjectes visant à détruire définitivement tout espoir d’émergence de notre Triangle national.
Apres l’abolition de l’esclavage et de l’assujettissement illégal des hommes, l’Afrique se retrouve donc confrontée a un nouvel ennemi, plus effrayant: la gourmandise financière sans limite du lobby économique occidental, prêt à tout pour s’enrichir et affaiblir davantage les pays dits moins avances. Tel un boa constrictor resserrant son étreinte sur l’impala sans défense, l’Union Européenne a proposé au Cameroun et à sa sous-région une libéralisation des échanges a 80% sur une période de 15 ans (horizon 2030). Il s’agit d’un accord autorisant les produits européens à être vendus sur place en profitant d’un transit libre de frais d’importation. Ce qui permet également au Cameroun de pouvoir commercialiser ses produits dont la banane, le cacao ou encore l’aluminium sur le marché européen sans devoir se soucier des taxes douanières.
Les points positifs présentés ici sont entre autres la dissolution d’une bureaucratie encombrante retardant parfois le transport des marchandises du port vers l’Inter land, mais également la réduction des prix des produits vendus, facilitant ainsi les achats du consommateur camerounais lambda. En outre, la diversité des produits venus d’Occident permet à l’acheteur d’avoir une gamme plus variée, et, de ce fait, un choix plus élargi. Pour finir, l’UE s’est engagée dans la réalisation d’un certain nombre d’infrastructures et de projets d’émergence.
Le revers de la médaille
Mais c’est dans le fait de considérer les choses au travers de ce prisme que réside toute la tricherie hourdie par la machine économique meurtrière occidentale. S’appuyer sur la représentation des avantages cites ci-dessus renverrait en effet inéluctablement à tomber dans le piège obscur ficelle par l’UE, en vue d’asseoir ses intérêts personnels en Afrique, sans véritablement se soucier du bien des populations locales. Car en effet, La signature d’un tel accord signifierait que le Cameroun abandonne toute autonomie économique et se livre entièrement à la merci du mastodonte européen dont la production massive combinée à un prix extraordinairement bas détruirait en un instant les espoirs des producteurs camerounais locaux, luttant chaque jour pour assurer le pain chaud quotidien.
A titre d’exemple, cela signifierait que pour une boite d’allumettes produite au Cameroun et vendue à 25 FCFA, l’UE vendrait son allumette importée a 15 FCFA la boite. Si l’on additionne à cela le facteur très fâcheux qui veut que dans la psychologie africaine collective les produits occidentaux soient forcement meilleurs que la fabrication locale, les ventes des entreprises camerounaises chuteraient a la vitesse grand V et celles-ci feront indubitablement faillite en a peine quelques semaines. Un accord avec l’UE voudrait donc dire que l’on sacrifie le développement de la production nationale au profit des importations astronomiques du carnassier de l’Occident. Ce qui sonnerait le glas de l’économie camerounaise.
Un pays ne saurait prétendre sérieusement au développement en étant dépendant dans d’aussi grandes proportions, des importations d’autres pays. La faible production camerounaise n’ayant évidemment pas la moindre chance face à la machine industrielle ultra rapide de l’UE, les importations sont alors infiniment plus grandes que ce que le Cameroun peut produire et exporter. Le pays achètera donc bien plus qu’il ne vend, entrainant une balance commerciale effroyablement déficitaire. Par conséquent, le territoire se verrait inonde par les produits étrangers, et aucun camerounais ne pourra plus produire localement, au vu de la concurrence implacable de l’encombrant visiteur. La conséquence immédiate serait une augmentation encore plus écrasante du chômage dans un pays ou le secteur informel constitue le premier pôle d’activité, englobant selon le Bureau International du Travail (BIT), environ 90, 5% de la population active en 2010.
Par ailleurs l’absence des droits de douane sur le marché européen que les envoyés spéciaux de l’UE brandissent comme opportunité pour le Cameroun d’économiser des frais importants, n’apparait plus aussi convaincante lorsque l’on considère l’ensemble du problème :
Le Cameroun en tant que pays en voie de développement aspirant à l’émergence, ne peut aucunement se passer des recettes douanières pour son budget annuel. La puissante UE pour sa part compenserait très rapidement ses pseudo-pertes par l’écoulement supersonique de son exorbitant panel de produits sur le marché africain. Le Cameroun en revanche, étant donne ses exportations comparativement faibles, perdrait gros au change. Selon une étude du Ministère des Finances parue en 2008 et relayée entre autres par le quotidien Mutations dans son numéro du 20 janvier 2009, les pertes s’élèveraient à près de 130 milliards FCFA de recettes douanières à l’horizon 2023, pour un total d’environ 13 000 milliards FCFA à l’horizon 2030 pour l’ensemble de l’économie camerounaise.
Pour avoir un aperçu de ce qu’est déjà l’intervention étrangère, la chaine panafricaine Africa24 rapporte dans son édition télévisée du 30/05/2014 que les importations de riz au Sénégal – qui s’élèvent a plus de 2 millions de tonnes en 2013 –, entrainent un déficit budgétaire de 16% au pays de Cheikh Anta Diop, si bien que le sentiment d’injustice chez les innocents producteurs sénégalais qui se retrouvent défavorisées par une invasion alimentaire extérieure, n’est que très grand. Il n y a donc aucune raison, aucune nécessite, mais surtout aucune sagesse dans le fait de signer pareil accord économique entre l’Afrique et l’Europe. Conclusion somme toute logique.
Morceaux choisis
Se rendre compte des manifestations de ce déséquilibre des forces en présence n’est guère chose difficile. On se souvient notamment du conflit qui opposa à partir de 1995, l’entreprise camerounaise « Codilait » au groupe européen « Nestlé ». On se souvient de la concurrence insalubre du géant suisse, poussant « Codilait » à fermer ses portes et envoyant ainsi d’honnêtes salariés au chômage force et massacrant de cette façon la vie de nombreuses familles camerounaises qui ne demandaient qu’à assurer leur pitance et avaient pu créer des emplois pour stimuler le marché intérieur et contribuer au développement véritable.
L’odieuse machinerie de « Nestlé » consistait principalement à vendre en masse ses produits à des prix souvent inferieurs a plus de 70% au Super Milk local produit par « Codilait ». Mais au-delà de cette compétition inégale et injuste, la principale farce réside dans l’appellation:
« Lait concentre » des produits « Nestlé » de cette époque, admissible uniquement pour les produits laitiers issus de matière grasse animale. La firme suisse a ainsi pu tromper la clientèle camerounaise en marquant son produit du sceau de production à base de matière animale, tout en produisant en réalité un aliment exclusivement végétal. Sur le territoire national, cette illustration constitue l’un des exemples les plus probants du vice économique de l’ogre européen de ces 20 dernières années, dont l’appât du gain est le mot d’ordre, et pour qui a aucun moment le dynamisme de l’économie des pays envahis ne constitue la motivation principale.
Il suffit donc de partir du principe que si à l’origine, des limites douanières ont été instaurées, c’est parce qu’elles ont bel et bien leur rôle à jouer, c’est qu’elles possèdent une fonction de grande portée sur la croissance intérieure. Les supprimer en instaurant un système d’échange à sens quasi unique ne saurait alors être un acte pourvu de sens. D’ailleurs dans une autre mesure, au premier semestre 2014 en Allemagne, une pétition a déjà été signée par près de 500 000 personnes s’opposant aux accords de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Union Européenne. Dans les prochains numéros, nous reviendrons de façon plus détaillée sur le bras de fer que se livrent à ce sujet, l’UE et les USA.
Epilogue
Le constat le plus insolite, et certainement le plus ridicule reste cependant le fait que le Cameroun s’est vu imposer une date fatidique à la ratification de cet accord. Le délai initial fut limite au Jour de l’An 2014, date désormais reportée au 1er Octobre de la même année en raison des réticences ou de l’hésitation des autorités camerounaises, due justement au caractère flou et même opaque de ces APE. Une situation qui apporte la preuve ultime du manque de bonne volonté de l’Europe et illustre cette détestable tendance à vouloir a coup de propagande et d’intimidation, obliger les anciennes colonies à ratifier un partenariat qui ne leur sera d’aucune utilité notable et, le cas échéant, ne servira qu’à plonger davantage le Berceau de nos ancêtres dans la misère déjà omniprésente, et a le priver de son bien le plus cher : le libre arbitre. La raison humaine permet pourtant de poser la question sur la légitimité d’imposer un délai à un probable partenaire d’affaires, qui pourtant dispose du droit de ne pas ratifier le traité convenu s’il le souhaite.
Il appartient donc aux pouvoirs publics camerounais de faire montre de discernement et de ne ratifier sous aucun prétexte un projet si partial et si funeste. Le développement économique passera, comme en Occident à partir de la Révolution Industrielle entre la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècles, en premier lieu par le renforcement de la capacité à produire par soi-même, à vivre de sa production et à exporter au moins autant qu’on importe.
Ratifier ce contrat prouverait au contraire que l’Afrique n’a rien appris de son histoire, de son passe, et que les beaux slogans de « lutte contre la pauvreté, programme de développent ou encore coopération économique », qui ne sont en réalité que de l’esbroufe et du vocabulaire insipide, parviennent tout de même encore hier comme aujourd’hui, à avoir le dessus sur notre raison et nous poussent vers une nouvelle ère de néocolonialisme et de pauvreté dont les victimes se compteront cette fois par millions. On ne le dira jamais assez, en politique économique internationale, la seule maxime qui soit exacte stipule que: «Les Etats n’ont pas d’amis, juste des intérêts ».
EKANGA EKANGA Claude Wilfried ;
Étudiant en sciences politiques, juridiques et sociologiques en matière secondaires ;
Candidat au Bachelor 2014 ;
Université Goethe de Francfiort ;
(Goethe Universitaet Frankfurt am Main).

PROJET DE MEMOIRE III : SOUSCRIPTION BANCAIRE DES TITRES DU TRESOR PUBLIC ET GESTION PRUDENTIELLE DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT août 11 2013

Infos : , 4commentaires

 

 

cool-papier-blog.png

CONTEXTE ECONO

MIQUE ET FINANCIER GLOBAL

Depuis la crise économique qui a frappé les pays africains dans les années 1990, la règle absolue de la solvabilité de l’Etat s’est avérée obsolète. Les banques locales sont de plus en plus réticentes à accorder d’importants  concours bancaires aux Etats, sinon à des taux d’intérêt  exorbitants. Contraints de combler cette insuffisance de ressources, les Etats sont revenus aux sources originelles de financement pour assurer la couverture des dépenses publiques  (les ressources budgétaires, les avances de la Banque Centrale, le recours aux bailleurs de fonds nationaux et internationaux publics ou privés) et assurer l’équilibre budgétaire. Hors, les besoins de l’Etat et de la population sont de plus en plus importants, ce qui nécessite des dépenses budgétaires de fonctionnement en constante augmentation. Qui plus est, Ces pays notamment ceux d’Afrique centrale  réalisent de plus en plus d’investissements publics, d’où un accroissement régulier des dépenses publiques d’investissement.

Or, les recettes publiques évoluent moins rapidement que les dépenses publiques ce qui est source de déficits budgétaires ponctuels qui nécessitent d’être comblés. Pour ce faire, il est possible d’élargir l’assiette fiscale, réduire les dépenses publiques, solliciter plus d’avances de la Banque Centrale, de concours bancaires divers et de prêts nationaux et internationaux. Cependant, l’accroissement du taux global d’imposition est réputé politiquement couteux pour le régime politique et présente un risque de dépression de l’activité économique. La réduction des dépenses publiques pourrait entrainer une cure d’austérité défavorable  pour l’économie  et pour le niveau de vie des populations. Les avances de la Banque centrale sont généralement source d’inflation dommageable pour la croissance économique. Le crédit bancaire comme évoqué supra, est de plus en plus couteux au fil des années. L’endettement public si mal géré à long terme pourrait entrainer l’Etat dans un cercle vicieux, celui d’une crise structurelle de la dette  publique. De plus, la plupart de ces Etats, dont le Cameroun, se sont lancés dans des vastes programmes de financement de projets dits structurants, qui nécessitent des financements importants.

Le Cameroun et les autres pays de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), ont du explorer des sources alternatives de financement déjà employées outre atlantique : les appels publics à l’épargne, via lesquels il émet des tires publics à court terme sur le marché monétaire, essentiellement des bons du trésor assimilables (BTA), et des titres publics à long terme sur le marché financier, en particulier des obligations du trésor. Comparés aux modes de financement traditionnels, le recours aux marchés des capitaux permet de bénéficier de taux d’intérêt compétitifs. De plus, ils présentent un faible risque du fait de la règle absolue de la solvabilité de l’Etat.  Ces instruments sont souscrits par un certain nombre d’agents économiques  dont  les banques et autres établissements de crédit, dont certaines constituées en prestataire de service d’investissement (PSI) ou en spécialiste en valeur du trésor (SVT).

 Ces sociétés détiennent ces actifs pour des motifs de  transaction, de placement, de constitution ou de diversification de portefeuilles de titres. Ils sont caractérisés par leur négociabilité et par l’accessibilité de leur prix de marché aux tiers. Malgré ces attributs,  l’acquisition de ces instruments est de nature à contraindre les banques à immobiliser une part non négligeable de leurs ressources monétaires en fonction des maturités et des échéances relatives à ces titres.  Ces opérations ont un impact indéniable sur la gestion de ces établissements bancaires aussi bien sur les plans comptable que prudentiel. Les banques sont en effet gérées en fonction d’un ensemble de principes, lois et règlements qui constituent un imposant dispositif prudentiel auquel ces dernières sont soumises, pour garantir une certaine stabilité financière indispensable au développement économique.

 Ce dispositif a donc pour objectif contrôler et de réguler l’activité bancaire, tout en réduisant les risques de gestion et les risques liés à l’activité  bancaire  susceptibles d’entrainer des difficultés financières pour les établissements de crédit. Ce contrôle  a des issues différentes selon l’aptitude de l’établissement bancaire à respecter ces normes prudentielles réglementaires. Elles peuvent aller de la cotation à la sanction, et même à un retrait d’agrément, des conséquences désastreuses pour la crédibilité du dispositif prudentiel de contrôle, la pérennité du secteur bancaire, et l’activité économique en général. En tant qu’étudiant de Banque-Monnaie-Finance, il Etait intéressant pour nous d’étudier ce thème de manière plus approfondie.

 

INTRODUCTION

Pour assurer son développement économique et devenir un pays émergent à l’horizon 2035, le Cameroun s’est engagé dans un vaste programme d’investissement à travers des projets porteurs de croissance et d’emploi dans les domaines des infrastructures portuaires, énergétiques et routières entre autres. De plus l’accroissement des dépenses publiques occasionne des déficits publics à résorber. L’insuffisance de ses ressources pour financer cet ambitieux programme d’investissement et combler ses déficits a contraint l’Etat du Cameroun à se tourner vers les marchés de capitaux. Il émet par conséquent des bons de tresor assimilables à court terme sur le marché monétaire, et des obligations de tresor à long terme sur le marché financier.

 Parmi la masse des soumissionnaires et des obligataires, on retrouve les banques locales et autres établissements de crédit. Ces deniers jouent un rôle important lors de ces appels publics à l’épargne. Constituées en prestataires de services d’investissement, elles assurent la prise ferme, le placement, la conservation ou l’administration des valeurs mobilières, dont les obligations du tresor. En tant que spécialiste en valeur du tresor, elles suivent et elles animent le marché des titres à souscription libre, dont elles en détiennent une part sous forme de bons de tresor.

Tout ceci implique une immobilisation de fonds bancaires  sur un terme plus ou moins long, bien que ces titres soient négociables et cessibles sur les marchés de capitaux. Ces actifs financiers peuvent également faire l’objet des transactions interbancaires. Ils font par conséquent l’objet d’enregistrements comptables qui ont une incidence certaine sur la gestion des établissements de crédit relativement aux principes et règlements bancaires en vigueur, ces derniers constituant un imposant dispositif de prévention et de contrôle des risques bancaires.

En effet, compte tenu des contraintes financières liées à l’introduction par les banques d’obligations et bons de tresor en portefeuille, et des normes de gestion et de contrôle prudentiels auxquelles sont astreintes les établissements de crédit,   il est plus que judicieux de s’interroger sur   l’incidence de  la souscription bancaire de titres publics sur la gestion bancaire effective.

 Autrement dit, au regard  des émissions toujours plus importantes de titres effectuées par le tresor public camerounais, quels  sont les effets de l’investissement bancaire en bons et en obligations de tresor sur la mise en application par les établissements de crédit des normes prudentielles et de gestion formulées par  les institutions de contrôle prudentiel nationales, régionales et internationales ?

Compte dument tenu des enjeux liés à l’atteinte par le Cameroun de l’émergence économique à l’horizon 2035, à l’animation des marchés de capitaux camerounais embryonnaires et surtout la crédibilité et la pérennité du système bancaire national,  cette question est et reste des plus pertinentes actuellement.

INTERET DU SUJET

Dès sa reconduction à la magistrature suprême de l’Etat du Cameroun en 2011, le chef de l’Etat camerounais ; le président Paul Biya a placé son septennat sous le signe des grandes réalisations. Par conséquent, un vaste programme de financement des projets structurants a été amorcé par les autorités publiques. Ces projets sont financés par l’Etat du Cameroun grâce à des émissions d’obligations du tresor sur le marché financier. Pour réaliser l’équilibre budgétaire, il est fréquent   que le tresor  public émette des bons de tresor en prévention d’un éventuel déficit public.

La souscription de ces instruments est ouverte à de nombreuses personnes physiques et morales agents dont les établissements de crédit. Ces derniers acquièrent ces actifs sous la forme  de prise ferme et de souscription pour compte propre pour des objectifs de placement, de transaction, de constitution, de gestion et de diversification de portefeuille de titres. Bien que négociables sur les marchés de capitaux (marché monétaire et marché de capitaux) pour garantir leur liquidité, détenir ces instruments implique d’immobiliser une part non négligeable de liquidités monétaires sur un terme plus ou moins long. Du fait de l’existence de règles prudentielles et de gestion auxquelles doivent se conformer les établissements de crédits au Cameroun, il convient de s’intéresser à l’incidence des investissements bancaires en obligations et en bons de tresor assimilables, sur la conformité de la gestion bancaire au dispositif prudentiel de contrôle en vigueur. Cette thématique présente un intérêt multiple.

-         Financier,

-         Les titres publics ainsi émis constituent une forme de placement privilégiée car offrant un certain rendement pour un faible risque. Après émission, Les obligations du trésor sont cotées sur le marché financier (marché secondaire ou bourse de valeurs), tandis que les bons de tresor sont négociables sur le marché monétaire (marché interbancaire), ce qui est susceptible d’animer ces marchés de capitaux encore embryonnaires.

-          La souscription des actifs publics par les banques locales, répond également à des motifs de placement, de transaction, de constitution, de gestion et de diversification de leurs portefeuilles de titres ayant pour objectif principal de maximiser le rendement et de minimiser le risque global

-         Economique,

-         La solvabilité et la liquidité des  établissements de crédit  est une condition préalable  à la croissance économique, car pour assurer la distribution des crédits bancaires dans l’otique de financer l’économie de manière adéquate, ces dernières ont besoin de disposer en permanence de liquidités monétaires importantes. Une immobilisation trop longue de ces liquidités en titres publics pourrait entraver le financement bancaire d’investissements privés, réputés créateurs de richesse et de valeur ajoutée pour l’activité économique. Il y a donc risque d’éviction de l’investissement privé par l’investissement public.

-         Les banques, sont des intermédiaires financiers qui collectent des dépôts en provenance du public. Pour assurer le remboursement de ces dépôts, les établissements de crédits doivent disposer de liquidités permanentes en cas de course imprévue aux guichets pour éviter des difficultés financières, les risques de défaillances et une éventuelle crise bancaire aux effets désastreux pour l’économie camerounaise.

-         Règlementaire et prudentiel,

-         L’opération de transformation effectuée par les banques est réglementée de très près  par les autorités en charge  du contrôle des établissements de crédit. Le non conformité de leur gestion aux principes et normes prudentielles de gestion bancaire est susceptible d’entrainer un contrôle dont l’issue est certaine (la cotation) ou éventuelle (la sanction) qui pourrait entrainer un éventuel retrait  d’agrément.

 

DELIMITATION DU SUJET (spatiale et temporelle)

Au regard du caractère très récent des interventions de notre pays sur les marchés de capitaux, nous nous limiterons à l’étude de la souscription par les établissements de crédit  des obligations et des bons de tresor, au Cameroun  depuis le premier de l’Etat du Cameroun en 2010 dénommé « ECMR 5,6% net 2010-2015 », jusqu’au dernier en date (2013). Nous tiendrons également compte de  la première souscription des bons de tresor assimilables en 2011, jusqu’à la dernière en date (2013). Nous intéresserons aux investissements en titres publics effectués par  deux établissements de crédit (une banque et une EMF), en particulier ceux qui détiennent une part importante de ces actifs.

PROBLEMATIQUE

Depuis quelques années déjà, l’Etat du Cameroun  effectue des appels à l’épargne publique sur les marchés nationaux de capitaux. Il émet en contrepartie de l’épargne publique nationale, des obligations de tresor sur le marché financier et des bons de tresor sur le marché monétaire. Ces instruments financiers de court et de long terme sont  souscrits par des établissements de crédit constitués en prestataire de service d’investissement (PSI) pour prise ferme et placement des titres longs, et en  spécialistes en valeur du tresor (SVT) pour investissement et transaction sur titres courts. Malgré que ces instruments présentent la  faculté d’être négociables et cessibles sur les marchés de capitaux, de pareilles sommes d’argent immobilisées sur  des maturités et échéances conséquentes, n’est pas sans conséquences sur les liquidités monétaires des établissements de crédit.

  Or, les établissements de crédit sont  soumis au strict respect de normes prudentielles et de gestion dont le non application entraine un contrôle suivi de sanctions multiples.  Par conséquent, il est plus que pertinent de s’interroger sur l’incidence de l’investissement bancaire en titres publics sur la gestion prudentielle des établissements de crédit.

 Autrement dit, au regard  des émissions toujours plus importantes de titres effectuées par le tresor public camerounais, quels  sont les effets de l’investissement bancaire en bons et en obligations de tresor sur la mise en application par les établissements de crédit des normes prudentielles et de gestion formulées par  les institutions de contrôle prudentiel nationales, régionales et internationales ?

HYPOTHESES

Les hypothèses qui peuvent être  adoptées pour répondre à notre question centrale sont les suivantes :

-         L’investissement par les banques en obligations du tresor est susceptible d’affecter le respect par ces dernières des ratios de fonds propres (fonds propres nets, et fonds propres complémentaires) et les ratios de solvabilité (ratios de couverture  et de division des risques)  du fait de l’immobilisation sur  le long terme des liquidités bancaires.

-         La souscription par les banques de bons de tresor publics pourrait altérer la conformité des ratios effectifs de liquidité (ratio de liquidité et coefficient de transformation)  aux normes prudentielles de gestion des établissements de crédit.

-         A l’échelle du Cameroun, la souscription des actifs émis par le trésor public permettrait une diversification optimale du portefeuille bancaire.

METHODE DE TRAVAIL

Nous nous intéresserons à une banque en particulier qui respecte conjointement les conditions de prestataire de service d’investissement (PSI) et de spécialiste en valeurs du trésor (SVT) donc nous ferons l’analyse des états financiers et la conformité aux normes prudentielles et de gestion des établissements de crédits. Nous ferons pareil avec un établissement de microfinance qui détient en portefeuille des titres du tresor public.  Par la suite, pour mener à bien ce travail, nous effectuerons des entretiens, des interviews, sur la base de questionnaires. Après la collecte des données, nous procéderons à un diagnostic pour vérifier la véracité de nos hypothèses de départ. L’évaluation et les conclusions suivront ensuite.

JUSTIFICATION DE L’INTERET DE LA RECHERCHE

La plupart des normes prudentielles régionales et internationales se focalisent sur les crédits octroyés par les établissements de crédit, quelque soit leur terme, aux personnes privées (personnes physiques et morales). Certains ratios tiennent compte dans leurs formules de calcul des concours aux pouvoirs publics et surtout à l’Etat, car il supposé toujours solvable. Mais il n’en existe pas dans le dispositif prudentiel de la COBAC qui tient compte de la part ou du poids des titres publics du trésor sur la gestion prudentielle des banques. Nous espérons que le résultat de ce travail servira aux professionnels de la profession bancaire et aux autorités de contrôle prudentiel.

 

PROJET DE MEMOIRE II : Souscription des bons de trésor assimilables et gestion de la trésorerie et de la liquité bancaires juin 7 2013

Infos : , 9commentaires

photo-bunds.jpgINTRODUCTION

Pour assurer son développement économique et devenir un pays émergent à l’horizon 2035, le Cameroun s’est engagé dans un vaste programme d’investissement dans les projets porteurs de croissance et d’emploi. En raison de l’insuffisance de ressources pour financer cet ambitieux programme d’investissement, l’Etat du Cameroun a choisi de se tourner vers les marchés de capitaux (marché monétaire et marché financier nationaux). Pour se faire, il émet des titres publics donc des bons du trésor assimilables (BTA) sur le marché monétaire, souscrits par de nombreux investisseurs donc des banques.
Il s’agit de titres représentatifs d’une créance sur l’Etat, émis par adjudication en vue de faire face aux besoins ponctuels de trésorerie, liés aux décalages temporaires entre les rythmes d’encaissement des recettes budgétaires et ceux de paiement des dépenses budgétaires. De valeur nominale 1 000 000 de Francs CFA, et de maturité 13,26 et 52 semaines ils ont pour principale caractéristique l’assimilation c’est-à-dire la possibilité d’une émission de tranches complémentaires d’une ligne d’emprunt existante. Ces titres de créances sont donc généralement émis par les Etats pour collecter l’épargne publique disponible en vue de combler ses déficits de trésorerie.
L’épargne susmentionnée est collectée sur le marché monétaire défini comme le lieu réel ou virtuel où s’échangent de la monnaie interbancaire et des titres de créances négociables à court terme entre les banques et autres établissements de crédit. Ces derniers sont des personnes morales ayant le statut de grandes entreprises réalisant habituellement des opérations de banques donc la collecte des dépôts du public, des opérations de crédit et enfin la mise à disposition et la gestion des moyens de paiement. A juste titre, elles acquièrent les bons de trésor assimilables émis par le trésor public, notamment en souscription primaire en qualité de Spécialiste en Valeur du Trésor (SVT) agrées par l’Etat du Cameroun. Ceux-ci peuvent ensuite les revendre ou les placer auprès de leur clientèle de particuliers ou d’entreprises. Cependant, une quantité importante de ces titres est conservée en portefeuille par les banques comme instruments de diversification de portefeuille. Ils sont enregistrés dans une rubrique comptable de trésorerie dans la colonne « actif » du bilan. Ils figurent dans la classe 5 du plan comptable des établissements de crédit, en comptes de trésorerie et d’opérations interbancaires. Plus précisément, ils sont repartis en titres de placement et de transaction, ce qui de fait laisse entrevoir une certaine implication sur la gestion de leur trésorerie.
En outre, les souscriptions effectuées par les banques ont des conséquences sur la liquidité bancaire. Compte tenu de la disjonction entre système du trésor et le système bancaire, les souscriptions provoquent une sortie de monnaie centrale. De ce fait, ils n’entrent pas en compensation directe et tous les flux doivent être réglés et le sont en monnaie centrale, au moyen des comptes que ces institutions détiennent auprès de la banque centrale. Cependant, les dépenses du trésor remettent en circulation cette monnaie centrale et elle finit par faire retour, mais partiellement, dans le système bancaire. Par conséquent, les ressources monétaires ainsi prêtées au trésor public ne reviennent jamais en totalité dans le circuit bancaire, ce qui constitue une fuite de liquidités hors du circuit bancaire. Ce qui est susceptible d’avoir un impact sur la politique de crédit des banques et autres établissements de crédit.
Compte tenu du calendrier prévisionnel d’émissions futures par l’Etat de bons de trésor, de l’importance de la répartition de la trésorerie pour les banques, du niveau de la liquidité bancaire et de la circulation monétaire pour les établissements financiers et pour l’économie camerounaise en général, il parait plus que pertinent de s’interroger sur l’impact de la souscription des bons de trésor par les banques sur la gestion de leur trésorerie et la détermination du niveau de liquidités interbancaires. Autrement dit, de quelles manières les bons de trésor affectent-ils le niveau de la liquidité bancaire et la répartition comptable de la trésorerie des établissements de crédit au Cameroun ? En tant qu’étudiant en économie, de la filière Banque-Monnaie-Finance de l’IRIC, il importait pour nous de creuser cette question qui est plutôt d’actualité.

INTÉRÊT DU SUJET

Comparé aux modes de financement traditionnels, le recours aux marchés des capitaux permet à l’Etat de bénéficier de ressources financement à des taux d’intérêt compétitifs. Dans le souci d’adopter une gestion plus harmonieuse de ces finances publiques, l’Etat du Cameroun a opté pour le financement de ses déficits publics ponctuels par émission de bons de trésor assimilables. Ces titres sont souscrits par des spécialistes en valeurs du trésor (SVT) au titre de souscription primaire et ensuite placés auprès de différents détenteurs personnes physiques ou morales. Hors ces émissions de titres occasionnent des fuites monétaires hors du système bancaire. Cependant, ces souscriptions de titres ne sont pas indifférentes à la structure actuelle de la trésorerie des banques, et à l’état de la liquidité du circuit interbancaire. Compte tenu des indéniables avantages qu’il retire de ces émissions, l’Etat du Cameroun a d’ores et déjà annoncé de futures émissions figurant dans un calendrier bien détaillé. Par conséquent, les banques seront amenées à détenir de plus en plus de bons de trésor assimilables. Ce thème présente un intérêt multiple :
- Financier, car les titres ainsi émis constituent une forme de placement privilégiée et sont susceptibles d’être cotés et négociables sur le marché secondaire, ce quoi contribuerait au développement d’un marché de titres publics à court terme dynamique et d’animer ces marché encore embryonnaire.
- Monétaire, la proportion de la masse monétaire qui s’échappe hors du réseau bancaire via la souscription des BTA, représente une part négligeable ou pas des dépôts bancaires susceptibles de provoquer une réduction de la liquidité interbancaire susceptible d’influencer le niveau de crédit.
- Économique, au sens ou les établissements de crédit sont de grandes entreprises évoluant dans le secteur très sensible de la banque et de la finance. Or, une banque dont la structure de la trésorerie n’est pas équilibrée, s’expose à des difficultés de trésorerie qui peuvent affecter sa rentabilité et à terme sa pérennité.

DÉLIMITATION DU SUJET

Étant donné le caractère très récent des émissions de titres publics au Cameroun, nous insisterons sur l’impact de la souscription des bons de trésor par les banques au Cameroun, et les effets de ces souscriptions sur la trésorerie bancaire et la liquidité du système monétaire en général depuis l’exercice budgétaire de 2012, date de la toute première émission de BTA au Cameroun.

PROBLÉMATIQUE
Dans les pays dits «développés », les banques ont depuis longtemps opté pour la souscription de BTA comme moyen de placement et de diversification de leur portefeuille. Elles sont par définition les souscripteurs primaires des BTA, notamment les SVT. Cette pratique a été très récemment adoptée par l4etat et par conséquent les banques camerounaises, car depuis 2012 en effet, plusieurs banques détiennent des bons du trésor en portefeuille pour des maturités de 13, 26 à 52 semaines. Pour un tissu bancaire tel que celui du Cameroun, caractérisé par une abondance de liquidités (qualifié de sur liquide), de quelle manière la détention de BTA affecte-t-elle la liquidité bancaire ? En effet, quelle est la qualité de la gestion de la trésorerie due à la présence dans le portefeuille bancaire de BTA et exerce-t-elle une quelconque influence sur la politique de crédit des banques ?

HYPOTHÈSES

Les hypothèses qui peuvent être adoptées pour répondre à notre question centrale sont les suivantes :
- Les bons de trésor assimilables constituent un instrument de placement et de diversification à court terme du portefeuille bancaire, ayant un certain impact sur la gestion ou l’état de la trésorerie bancaire.
- Les emprunts effectués par le trésor public sous forme de bons de trésor sont susceptibles de constituer une fuite de liquidités hors du circuit interbancaire, pouvant de ce fait influencer le niveau de la liquidité interbancaire (monétaire) et par conséquent la politique de crédit.

MÉTHODE DE TRAVAIL

Pour mener à terme ce travail, nous procèderons par des entretiens, des interviews réalisés à partir de questionnaires soigneusement préparés. Après la collecte des données, nous procèderons à un diagnostic pour vérifier la véracité de nos hypothèses. Les évaluations suivrons ensuite.

PLAN DE TRAVAIL

Ce plan n’est pas définitif, car il est susceptible de subir des modifications tout au long de la durée de notre travail. Il est constitué des parties suivantes :
- La première partie de notre travail aura pour objectif de présenter les différents concepts théoriques de titres publics, bons du trésor assimilables, diversification de portefeuille, trésorerie bancaire et l’état de la théorie économique en la matière.
- La deuxième partie quant à elle va nous permettre d’analyser de manière plus empirique les implications de la souscription des bons de trésor assimilables sur la trésorerie bancaire et surtout sur la niveau de liquidités disponible dans le circuit interbancaire.

ESQUISSE DE BIBLIOGRAPHIE

- Monnaie et finance, Jean louis-Besson, Presses universitaires de Grenoble.
WEBOGRAPHIE

Projet de mémoire I : Emission des titres publics et efficacité de la politique budgetaire avril 21 2013

Infos : , ajouter un commentaire

CAMEROUN : les dérives des établissements de microfinance février 14 2013

Infos : , 9commentaires

photo-ets-microfinance.jpg         Suite au faible taux de bancarisation du Cameroun, les établissements de microfinance (EMF) ont fait leur apparition, avec pour ambition de permettre aux camerounais à faible revenu d’accéder  aux services bancaire usuels. Mais depuis quelques années, plusieurs de ces institutions accumulent des incidents dont l’ampleur est considérable pour les  épargnants. Après le cas COFINEST (Compagnie Financière de l’Estuaire) en 2011 qui a contraint l’Etat à intervenir et s’est soldé par la liquidation de cette dernière, c’est la FIFFA (First Investment for Financial Assistance) qui fait aujourd’hui des siennes. Plusieurs de ses agences ont fermé emportant avec elles l’épargne des déposants. Etant donné tous ces déboires, l’opinion publique et toutes les parties prenantes s’interrogent sur la gravité de cette situation et surtout sur la pertinence du système de contrôle. Cette situation soulève une question primordiale. Compte tenu de l’imposant dispositif prudentiel auquel sont soumis les EMF, comment une pareille situation a pu se reproduire sachant qu’il y a un précédent qui remonte à moins d’une année ? Peut-on craindre une réaction en chaîne de certains EMF. Cette problématique est des plus indiquée, car ces institutions constituent un véritable rempart pour les usagers exclus du circuit bancaire traditionnel. Du fait de la pluralité des intéressés (parties prenantes), le dénouement de cette opération va comporter de nombreuses articulations. Les causes des difficultés financières de la FIFFA seront d’abord évoquées, ensuite seront abordés les axes de l’intervention de l’Etat camerounais dans la résolution de cette crise. Enfin, des pistes de réflexion pour le renforcement définitif du contrôle prudentiel.

Parmi les raisons couramment évoquées pour expliquer ces dérives, on retrouve,

-          Lamateurisme, labsence d’éthique et de rigueur de la par de certains promoteurs dEMF.

Plusieurs dirigeants d’EMF peuvent être qualifiés de vrais aventuriers compte tenu de leur manque de professionnalisme et des flagrantes incohérences perceptibles dans leur gestion. Les établissements de 3e catégorie ont la possibilité d’accorder des concours à leurs membres sous formes de crédits. Cette politique de clientélisme entraîne des paris risqués sur des projets douteux et pas toujours rentables. Ils sont à l’origine de certains problèmes de gouvernance tels que les difficultés de recouvrement.

La mauvaise foi qui caractérise ces aventuriers est de nature à décourager les épargnants. Leur incapacité à garantir les dépôts de leurs clients témoigne du sentiment d’insécurité qu’elles transmettent. Certains dirigeants d’EMF sont même accusés de financer leurs propres affaires avec les dépôts de leur clientèle en marge de la réglementation. Les détournements de fonds qu’ils effectuent sont dignes de ceux effectués par les caïds de la mafia italienne. Ces nouveaux arnaqueurs ont choisi le secteur des EMF pour faire de l’argent facile et arnaquer de pauvres épargnants.

-          Linsuffisance de liquidités.

C’est une difficulté que rencontrent les EMF de toutes catégories. A la différence des établissements de crédit, les EMF n’ont pas accès à un important volume de disponibilités       monétaires. De plus toutes les trois catégories d’EMF n’ont pas la possibilité d’accéder aux dépôts de particuliers. Cette difficulté les empêche de disposer de la surface financière suffisante pour garantir le remboursement des dépôts. Elles sont contraintes de disposer de comptes bancaires domiciliés dans des établissements de crédit pour effectuer certaines opérations notamment pour le compte des prestataires de service de l’Etat en compte chez eux.

-          La défaillance du système de contrôle.

Il s’agit du contrôle à priori et du contrôle à posteriori à la création des EMF

Le contrôle à priori

Sans doute dans le but d’accélérer le processus d’inclusion financière de la sous région, la réglementation est plutôt souple en matière de création et d’ouverture des agences d’EMF de première catégorie en Afrique centrale. Ces structures essaiment comme des champignons sur l’ensemble du territoire national. Le Cameroun à lui seul compte près de 500 EMF agrées. Leur développement trop rapide privilégie la quantité au détriment de la qualité de ces entités. Le choix des administrateurs est également libre et du ressort des actionnaires.

Le contrôle à posteriori

Les EMF sont soumis à un imposant dispositif de contrôle [à posteriori].Plus précisément, deux types de contrôle sont prévus par les textes réglementaires.

Le contrôle technique exercé par la commission bancaire d’Afrique centrale.

Le contrôle administratif exercé par le ministère des finances, consistant en la vérification de la régularité des agréments des EMF, de leurs dirigeants et commissaires et compte, de la régularité des ouvertures des agences des EMF, de l’immatriculation des EMF au conseil national du crédit, de l’existence et du bon fonctionnement des organes [assemblée générale, comité de surveillance, conseil d’administration, comité du crédit, direction générale] des EMF, de l’exercice des activités dans le strict respect de la catégorie d’agrément, de tout autre élément à la demande de la COBAC.

S’agissant du contrôle technique le dispositif mis en place par le règlement N° 01/02/CEMAC/UMAC/COBAC prévoit trois niveaux de contrôle à savoir,

Le contrôle interne  qui est du ressort de l’institution financière elle même. Il est exercé au sein de l’établissement par ses propres organes.

Le contrôle externe effectué par les commissaires au compte agrées par le Ministère des finances.

La surveillance de COBAC.

Cependant, ce dispositif de contrôle a manifestement des failles, sinon, comment expliquer  que les Ets COFINEST et FIFFA soient passés entre les mailles du filet.

Toutes ces entraves entachent l’image et la crédibilité du secteur de la microfinance au Cameroun. Pour y remédier, plusieurs mesures correctrices peuvent être suggérées aux différents intervenants du secteur.

Plusieurs solutions ont déjà été apportées à ces problèmes aussi bien par le contrôle administratif que le contrôle technique.

Les contrôles administratifs  sont régulièrement effectués par le ministère des finances, et à l’issue de ces contrôles, la COBAC est saisie pour la sanction des EMF qui évoluent en marge de la réglementation.

Pour éviter un effet domino, compte tenu du nombre élevé d’EMF opérant au Cameroun, la gouvernance doit être améliorée. L’immixtion prononcée des promoteurs et ou administrateurs dans la gestion quotidienne des Ets et précisément  la gestion des crédits doit être limitée conformément à la loi. La norme limitant les crédits en faveur des actionnaires, des administrateurs, du personnel et des apparentés devrait être rigoureusement respectée, pour réduire le taux d’impayés qui est assez élevé dans les EMF et arrêter la mauvaise administration du crédit. Quant aux dirigeants, l’accent doit être mis sur les enquêtes de moralité [à priori]. Le rôle des syndicats et associations de microfinance est également important à ce niveau pour dénoncer leurs congénères qualifiés de « mauvais élèves » et qui entachent l’image des EMF.

Les EMF font face à d’énormes problèmes de liquidités, y compris ceux qui ont l’opportunité de collecter les dépôts du public.  L’entrave majeure est l’accès au refinancement bancaire auprès de la BEAC, privilège réservé aux seuls Ets de crédit. Qui plus est n’étant pas des participants directs (et indirects) du système sous-régional de paiement, les EMF n’ont pas un accès direct à la télécompensation, ce qui entraine une perte en accessibilité et en réactivité.

Les failles qu’il comporte doivent être rapidement comblées, pour rétablir la crédibilité du secteur et rassurer les déposants. Selon Sylvester MOH TANGONGO, directeur général du trésor, de la coopération financière et monétaire au ministère des finances [DGTCFM] « c’est la COBAC qui doit contrôler, le MINFI s’occupe d’encadrer et d’assurer le suivi des EMF. Le contrôle est justement le talon d’Achille du secteur de la microfinance en raison de trois faits majeurs.

Les EMF de petite taille ou ayant connu une expansion trop rapide n’ont généralement pas suffisamment de ressources pour exercer le contrôle interne. On note également le manque de sérieux de certains contrôleurs externes qui certifient les comptes des EMF sans une vérification approfondie.

Enfin, la COBAC est confrontée à un problème d’effectifs. Le nombre réduit de contrôleurs de la COBAC par rapport au nombre trop élevé des EMF agrées rend difficile la surveillance du secteur. Pour faire le tour de toutes ces EMF dans le cadre d’un contrôle sur place indispensable à la surveillance du secteur, il faudrait près de (05) ans ».

Pour remédier à cette faiblesse ;

* La COBAC a initié une étude qui devrait aboutir sur le retour aux états en matière de contrôle technique.

* L’expansion « incontrôlée » des EMF sera modérée par des enquêtes et des inquisitions plus minutieuses  sur la capacité des promoteurs à disposer de ressources suffisantes pour assurer la réalisation des contrôles interne et externe adéquats.

* La formation et le recrutement de contrôleurs qualifiés assurés respectivement par la COBAC et le MINFI, pour combler le déficit en effectifs.

. Le contrôle prudentiel interne

Le système de contrôle interne est un système propre à chaque établissement. Les organes internes de contrôle doivent être plus performants à tous les niveaux :

-          Au niveau du contrôle permanent ou opérationnel, un accent plus appuyé devrait être mis sur les procédures internes écrites, l’organisation comptable et le système de traitement de l’information, la pertinence et la permanence des méthodes comptables adoptées par l’établissement, la fiabilité et clarté des informations financières préparées par l’organe exécutif et les auditeurs internes…

-          Au niveau de la fonction d’audit interne, les inspecteurs généraux  doivent s’appesantir sur le système de mesure des risques et des résultats, le système de surveillance et de maitrise des risques, le contrôle des opérations et des risques, le système de reporting etc…

-          Les comités d’audit, déjà mis en place pour les établissements de crédit dont le total du bilan dépasse 50 milliards de FCFA, doivent être repensés pour une éventuelle adaptation à l’activité des EMF.

La notation financière est déjà d’usage pour les banques et les institutions financières à l’étranger, mais a véritablement du mal à s’implanter sur le continent africain. Il est cependant souhaitable que les Ets de crédit et de microfinance puissent être notés sur la qualité de leur gestion et de leurs performances financières. Cette alternative permettrait de détecter les institutions « à problèmes » à temps, de les contraindre à améliorer leur gestion pour ne pas voir leur note abaissée, et enfin de dégrader  cette note en cas de problèmes financiers structurels de l’établissement et ainsi envoyer un signal aux épargnants.

La microfinance  peut se définir comme l’octroi de services financiers, généralement du crédit et/ou de l’épargne, à des personnes qui n’ont pas accès aux institutions financières commerciales. Depuis plus de deux décennies,  cet outil a connu un essor considérable dans les pays africains et au Cameroun.  Cependant, l’activité de ces institutions sur le sol camerounais est  ternie par des dérives matérialisées par la faillite de deux EMF à un an d’intervalle (COFINEST : 2011, ET FIFFA : 2012). Ces évènements inquiétants poussent à s’interroger sur les causes d’un tel revirement et les raisons pour lesquelles  l’imposant  dispositif prudentiel actuel n’est pas parvenu à endiguer ce phénomène de débâcle des EMF. Elles sont multiples et vont  des   causes imputables aux comportements  répréhensibles de certains promoteurs à  des problèmes liés au caractère contraignant de contraignant de la règlementation. Qu’ils soient d’ordre interne ou externe, ces problèmes contraignent les différentes entités concernées au strict respect des normes déjà édictées, et à la réflexion sur de nouvelles pistes de solutions. C’est dans cette optique que se situe notre contribution et nos propositions notamment celles concernant  l’accès à la compensation et la notation financière. L’objectif à terme étant  de disposer d’une microfinance forte, indépendante et  actrice du développement, car ces structures tiennent une place non négligeable dans le paysage économico-financier du pays et constituent un levier important dans la promotion d’une indispensable bancarisation des flux monétaires.

Nyemb Oscar Thierry Ulrick

Master II Banque Monnaie Finance Internationales (BMFI)

IRIC

CAMEROUN : Les banques et le financement du processus d’industrialisation octobre 14 2012

Infos : , 3commentaires

                            beac.jpg                Dans un précédent article portant sur les véritables causes de la surliquidité des banques en Afrique centrale, nous avions entre autre évoqué l’insuffisance de projets bancables, les répercussions à long terme de la crise économique et bancaire des année 90, l’incohérence temporelle entre dépôts (courts) et crédits (longs). Précisons tout de même que ces explications sont celles fournies par les banquiers. L’avis des enseignants d’économie, des universitaires est différent. Nous dénombrons à notre compteur plusieurs altercations entre  banquiers et académiciens. La dernière en date étant celle ayant opposé un docteur en économie et un ancien banquier  tous les deux enseignants à l’IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun). Le motif est évidemment “la pertinence de l’argument relatif à la bancarisation de certains investissements”. Pour le professeur Bruno BEKOLO EBE, encore recteur de l’université de Douala, “les banques présentent au Cameroun ne sont pas réellement disposées à financer le développement de notre pays, elles entretiennent consciencieusement ou pas une économie d’intermédiation”. Ces propos énoncés lors d’une rencontre dénommée “e-cam” et tenue le 5 juin 2012 à Douala,  avec les membres du GICAM (Groupement Interpatronal du Cameroun) et en présence de plusieurs opérateurs économiques. Autrement dit, sans vouloir faire le procès des banques, le secteur bancaire constitué en majorité de succursales ou filiales des banques étrangères, prete plus facilement de l’argent pour financer l’acquisition des biens (consommation intermédiaire ou finale), que la création d’industries ou de mégastructures sensées produire ces biens (investissement). Dans ces conditions, l’impact du financement bancaire sur la création de richesses ou dans  l’accroissement du PIB (Produit Intérieur Brut) restera minime et peu signifiant.

De ces propos, nous pouvons également tirer les conclusions suivantes. Les banques présentes sur notre territoire sont d’origine ou de capitaux étrangers, elles se sont installées au Cameroun pour accroitre leur clientèle, diversifier leurs activités et évidement réaliser des bénéfices qui sont pas ou peu réinvestis dans des projets d’envergure sur le territoire camerounais par exemple. Ces profits sont rapatriés pour être redistribués aux actionnaires, elles n’ont aucun lien particulier ou profond avec le Cameroun (et son peuple), et ne sont par conséquent pas tenues de l’accompagner dans le vaste programme des grandes réalisations qu’il a enclenché. Du moment qu’elles réalisent de confortables bénéfices qui satisfont leurs actionnaires, pourquoi s’obstineraient elles à accroitre leur contribution financière pour lui permettre d’atteindre le statut de pays émergent à l’horizon 2035 ?

Il est exact qu’elles ont activement participé à l’élaboration du projet d’emprunt obligataire (ECMR 5,6% net) de l’Etat du Cameroun en 2010 via leurs PSI (Prestataire de Service d’Investissement) ; soit en fournissant un service d’assistance-conseil, soit en achetant directement des titre pour leurs clients . Certaines d’entre elles sont également des SVT qui prennent part aux adjudications des bons du trésor de l’Etat camerounais. Ces services ne sont évidemment pas gratuits et désintéressés.

Lors de cette rencontre, un constat a été fait par le professeur Bruno BEKOLO EBE. “Le programme des grandes réalisations à lui seul ne suffira pas à faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035″. Ce programme doit en effet être accompagné de mutations profondes et soutenues des structures industrielles, économiques et commerciales du pays. Le port en eau profonde de Kribi par exemple, n’aura pas d’impact macroéconomique significatif sur niveau des transactions, la qualité du fret et de la logistique par voie maritime si volume de opérations entre le Cameroun et ses partenaires commerciaux camerounaises (importations et exportations) ne s’accroit pas considérablement. Il faut donc un accroissement conséquent de la production globale, pour exploiter de manière optimale les capacité de stockage et de fret disponibles sur la future plateforme. Les investissements consistant à  exploiter les gisements de pétrole découverts sur la presqu’ile de Bakassi, n’affecteront pas directement le bien être des camerounais s’il n’est pas créée une autre méga-structure en aval de la SONARA (Société Nationale de raffineries), spécialisée dans le traitement traitement du fioul semi-lourd produit par la Société de raffinerie, en produits (pétrole, essence, gasoil…) directement consommables à la pompe par les camerounais.

Des méga-structures industrielles sont indispensables pour concrétiser le modèle économique de développement érrigé par l’Etat camerounais. Ces dernières produiront et “fabriqueront” des biens et produits dits à forte valeur ajoutée qui vont accroitre le PIB et le taux de croissance économique du pays. Les exportations camerounaises ne seront plus constituées que de matières premières agricoles et minières et de produits agroalimentaires manufacturés de première nécessité. Ces mesures garantiraient le passage le passage d’une économie de rente à une économie industrielle pour notre pays.

Cependant, comme l’ont prouvé les dernières décennies, le secteur public ne peut être tout  seul au fer et au moulin. Il ne peut assurer conjointement la réalisation des projets structurants et le financement des structures industrielles destinées à exploiter de façon optimale les potentialités qu’offre le Cameroun, d’où l’intérêt du soutien bancaire. Les banques sont actuellement les seules à pouvoir apporter une assistance bancaire et financière aux pouvoirs publics pour assurer l’atteinte de l’émergence économique.

De telles entités, investies dans le financement de pôles industriels au Cameroun ne peuvent être que celles ayant un véritable conscience nationale, une volonté manifeste d’exercer leurs activités, de réaliser des profits tout en accordant das concours ponctuels aux projets et programmes d’investissements industrialisants. Ceci s’apparente véritablement  à du patriotisme économique et financier, mais dans la mesure où plus de 80% des établissements financiers camerounais sont d’origine ou de capitaux étrangers, c’est un  réel problème. Il faudrait donc que le programme des grandes réalisations incluent la mise sur pied d’institutions financières ou bancaires nationales à capitaux publics ou para-publics ou selon différentes formules qui ont déjà fait leurs preuves à l’étranger : le création d’une d’une institution  bancaire dont les pouvoirs publics seraient propriétaires mais dont la direction serait déconnectée de celle de l’exécutif , le rachat massif d’actions de plusieurs banques,  des prises de participation dans le capital d’établissements de crédits ciblés et de grande envergure, qui fourniront à l’Etat un pouvoir modéré au sein du conseil d’administration. Le but ici étant de contrôler à long terme la stratégie bancaire de financement du pays. De telles mesures devraient être harmonisées à l’échelle communautaire car tous les voisins de l’Etat camerounais aspirent à l’émergence dans un horizon plus ou moins proche. Des mesures aussi audacieuses auraient à coup sur un important impact sur le processus d’industrialisation et d’indépendance économique aux importations onéreuses et génératrices de déficits pour les balance de paiement des pays de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale).

Nyemb Oscar Thierry Ulrick



Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 17 articles | blog Gratuit | Abus?